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Aïkido

Aïkido

L'aïkido (合気道) est un budo (art martial japonais) essentiellement défensif, fondé par Morihei Ueshiba au cours du , entre 1930 et 1960 (officiellement reconnu par le gouvernement japonais en 1940 sous le nom d’aikibudō), mais basé sur des écoles d'arts martiaux bien plus anciennes (essentiellement le jūjutsu de l'école daitō ryū et l'escrime ou kenjutsu). Il est le résultat de la volonté de Maître Ueshiba de rendre l'étude des arts martiaux accessible au plus grand nombre, et « d'intégrer par le corps les énergies harmonieuses à l'œuvre dans l'univers ». L'aïkido se compose, pour l'essentiel, de techniques de défense à mains nues utilisant la force de l'adversaire, ou plutôt son agressivité et sa volonté de nuire. Ces techniques visent non pas à vaincre l'adversaire, mais à réduire sa tentative d'agression à néant. L'aïkido peut être considéré comme la concrétisation du concept de légitime défense : une réaction proportionnée et immédiate à une agression. En fait, dans l'esprit de l'aïkido, il n'y a pas de combat, puisque celui-ci se termine au moment même où il commence. Conformément à cette logique, il n'existe pas de compétition d'aïkido. L'aïkido est pratiqué par des femmes et des hommes de toutes tailles et âges. Le but de la pratique est de s'améliorer, de progresser (techniquement, physiquement et mentalement) dans la bonne humeur (Morihei Ueshiba insistait beaucoup sur ce point). Ne montrant que des techniques respectant le partenaire, il peut être difficile de l'utiliser tel quel en cas d'agression réelle à moins d'atteindre un haut niveau de maîtrise. Malgré tout, l'aïkido permet de se préparer autant physiquement (souplesse, rapidité, musculature), mentalement (rester calme en toutes circonstances) et techniquement (respecter la distance de sécurité, trouver l'ouverture, se placer, gérer plusieurs attaques simultanées) à l'éventualité d'attaques de toutes sortes (pas seulement martiales).

Historique de l'aïkido

Le terme aïkido

Le terme aïkido (aikidō en japonais) est composé de 3 kanji signifiant:
- ai : du verbe au, concorder;
- ki : énergie;
- : la voie. Aïkido peut donc se traduire par « la voie de la concordance des énergies ». En effet, le terme « concordance » est plus près du sens japonais original de l’aiki comme étant une action de rencontre (explicité dans la composition du kanji) que le terme « harmonisation ». L'« harmonie » peut être le résultat souhaité de la pratique de l'aïkido, mais on ne fait pas d'aïkido sans faire concorder les énergies (ce qu'on fait avant et après, harmonieux ou non, importe peu tant qu'à l'aïkido comme tel). Comme le fait remarquer Olivier Gaurin, l'aïkido, par la concordance (« mettre les coeurs ensemble »), amène à un résultat où il sera possible de communiquer avec l'« adversaire », chose impossible si on a dans l'idée de l'harmoniser (« amener à une entente, se mettre d'accord », ce qui est peut-être impossible en partant) ou de le détruire. Un autre problème soulevé est qu'« harmonie » implique souvent une notion d'amitié ou de paix, ce qui est superflu (on ne peut pas être aimé par tout le monde même si soi-même on aime tout le monde). Par exemple, les japonais utilisent le mot wagō (和合) pour « harmonie », terme composé de « paix » et de « concorder »: en concordant vers la paix, on crée l'harmonie.

Les débuts de l'aïkido au Japon

Après avoir étudié depuis sa jeunesse plusieurs arts martiaux (dont le daitō ryū jūjutsu) et après avoir fait plusieurs rencontres marquantes, Morihei Ueshiba, fréquemment surnommé O sensei (littéralement « vénérable professeur ») par les pratiquants en raison de la maîtrise qu'il avait des arts martiaux, se décida à transmettre ce qu'il avait appris pour le bien de l'humanité. Au début, il nomma son style aiki jūjutsu et plus tard aikibudō ou aikinomichi (合気の道). Le premier dōjō fondé par Maître Ueshiba en 1927 est le kobukan, qui se nomme maintenant l’aikikai honbu dōjō, et se trouve à Tokyo dans le quartier de Shinjuku. Il y enseignait la majeure partie du curriculum du daitō ryū jūjutsu tel que lui avait transmis Sōkaku Takeda et des techniques de kenjutsu et de jōjutsu adaptées à son art qui se voulait plus "pacifique". C'est aussi à ce moment qu'il décida de couper les liens entre son enseignement martial et la secte Ōmoto-kyō. Durant les années 30, la popularité et la réputation de Morihei Ueshiba ne cessa de grandir, ce qui amena plusieurs haut gradés d'autres écoles de budo à joindre l'organisation de Morihei Ueshiba. En 1940, Osensei eut une seconde vision (voir l'article sur Morihei Ueshiba ou une de ses biographies pour la première et la troisième): oubliant toutes les techniques qu'il avait apprises jusque-là, il put les voir sous un autre angle, non plus comme de simples moyens pour projeter ou immobiliser un adversaire mais comme un véhicule pour la cultivation de la vie, de la connaissance, de la vertu et du bon sens. C'est à ce moment que l'aïkido fluide et sans obstructions des dernières années de Osensei est né. En 1942, après son retour de Mandchourie, Morihei Ueshiba décida dorénavant d'utiliser le terme aikidō pour son art. Il fonda la même année un dōjō et un temple dédié à l'aïkido à Iwama.

L'aikido d'après-guerre

La fin de la Seconde Guerre mondiale vit un hiatus dans l'enseignement de tous les arts martiaux japonais et l'aïkido fut le premier, en 1952, à pouvoir rouvrir les portes de ses dōjō. Ayant toujours vu son art comme un cadeau à l'humanité, Morihei Ueshiba fit tout en son pouvoir, lui qui ne connaissait que le japonais, pour promouvoir l'aikido au niveau international en envoyant des attachés dans plusieurs pays européens ainsi qu'en Amérique et en acceptant toujours les étrangers qui voulaient pratiquer au Japon (et qui avaient la détermination requise!). C'est aussi dans cette période d'après-guerre qu'Osensei commença à donner des démonstrations publiques de son art, ce qui contribua à en augmenter la visibilité auprès du public japonais.

L'aïkido contemporain

La forme la plus répandue de l'aïkido doit beaucoup à Kisshōmaru Ueshiba, le premier dōshu (référent mondial pour la pratique, littéralement « maître de la voie » ou « guide du groupe de ceux qui suivent la voie [de l'aïkido]») et fils du créateur. En effet, l'aïkido était essentiellement enseigné sous la forme d'une expérience, par la pratique. Cette manière d'enseigner, typique des écoles traditionnelles (ryū), était peu adaptée à la mentalité moderne et à la volonté de diffusion internationale. Kisshōmaru fit donc un grand travail de « verbalisation », en mettant en place une nomenclature des techniques et en mettant en avant la transmission verbale en plus de la démonstration par l'exemple. Il y a plusieurs formes et styles d'aïkido aujourd'hui, comme il y a plusieurs formes de corps qui le pratiquent. On peut facilement avancer que chaque pratiquant, par sa technique, sa constitution physique et son attitude, pratique un aiki différent et que toutes ces formes se retrouvent dans le principe, dans la « voie » de l’aiki, l'aïkido.

La pratique à mains nues

Le fondateur de l'aïkido ne voulait pas entendre parler de compétition. L'emphase est mise sur le développement de l'individu (corps/esprit). Pendant les cours, les élèves observent le maître faire la démonstration d'une technique et travaillent ensuite avec un partenaire pour la répliquer. Ils améliorent ainsi leur technique et leur compréhension de l'art. Le mouvement, le positionnement, la précision et le rythme (minutage) sont tous des aspects importants dans l'exécution des techniques. Les élèves gagnent également en souplesse et adaptation en les appliquant. Les aïkidokas s'entraînent ensemble comme partenaires. L'« attaquant » (uke, littéralement « celui qui accepte, qui chute », également appelé aite dans , littéralement « celui qui prète sa main ») déclenche une attaque contre le « défenseur » (tori « [celui] qui saisit », également appelé shi dans et parfois nage « [celui] qui projette » ou encore shite « celui qui exécute »), qui la neutralise avec une technique d'aïkido. En général, on étudie la technique de la manière suivante : le professeur montre le mouvement, puis le partenaire uke attaque tori quatre fois (deux fois de chaque côté : droite et gauche alternativement), puis les partenaires échangent les rôles pour 4 nouvelles attaques et ainsi de suite. Lorsque plusieurs mouvements ont été vus à partir d'une même attaque, le professeur peut faire travailler en « technique libre » (jiyū waza) : le rôle uke et tori ne change pas, uke se relève après chaque mouvement et réattaque immédiatement tori qui applique la technique qu'il veut ; on travaille alors principalement le placement et le mouvement du corps ainsi que l'endurance (cardio-vasculaire). Parfois, tori est assailli par plusieurs uke, afin de travailler la réponse à une attaque de groupe (on appelle ce travail randori bien que cela soit différent du combat libre pratiqué au judo).

Composantes d'un mouvement

Les attaques de l'aïkido comprennent des coups et des prises standard :
- coup de poing direct à l'abdomen (chūdan tsuki) ou au visage (jōdan tsuki),
- coups au visage avec le tranchant de la main, de face (shōmen uchi) ou de côté (yokomen uchi),
- les saisies par devant (tori waza) ou par derrière (ushiro tori waza)
  - du poignet (katate dori) : ce mouvement avait pour but d'empêcher l'adversaire de dégainer son sabre ; on peut avoir une saisie du poignet opposé (ai hanmi katate dori, par exemple uke saisit le poignet droit de tori avec sa main droite), une saisie du poignet faisant face (gyaku hanmi katate dori, par exemple la main gauche de uke saisit le poignet droit de tori), une saisie d'un poignet avec les deux mains (ryōte dori) ou une saisie des deux poignets (ryo katate dori) ;
  - de l'épaule (kata dori) ou des deux épaules (ryō kata dori) ;
  - ou du vêtement au niveau de la poitrine (muna dori),
- les étranglements (shime). Il y a généralement trois parties dans une défense aïkido :
- premièrement, tori évite l'attaque soit en s'esquivant par une rotation (« tenkan », tourner), soit en se rapprochant de ukeirimi », entrer) pour mieux le contrôler ; parfois, tori porte un coup à un « point vital » de uke (atemi) afin de permettre le mouvement (pour éviter une contre-attaque ou provoquer un déséquilibre initial) ;
- deuxièmement, tori déséquilibre uke par un mouvement du corps, relayé par une prise ou une poussée.
- troisièmement, soit tori projette uke (nage), soit il utilise une clef du bras ou une clef de jambe pour amener le uke au sol et le contrôler (katame). Les clefs de bras (ou armlock en anglais) sont des torsions pouvant amener jusqu'à la luxation (déboîtement de l'articulation), et qui créent une douleur vive si l'on essaie de résister.

Richesse des mouvements

omote et ura

La plupart des techniques peuvent se pratiquer de deux manières : en passant devant uke (la forme s'appelle omote) ou bien en passant derrière uke (la forme s'appelle alors ura). Les techniques omote nécessitent de passer devant l'adversaire et donc de s'exposer à une attaque. Elle sont de fait martialement moins crédibles, et leur réussite nécessite généralement de porter un atemi (un coup), marqué ici de manière symbolique, pour déséquilibrer l'adversaire et le surprendre. À l'origine, les techniques omote étaient montrées aux élèves extérieurs des écoles de jujutsu, et les techniques ura, plus efficaces, étaient des techniques secrètes enseignées uniquement aux élèves internes à l'école. Les techniques omote ont été conservées dans l'aïkido en raison de leur intérêt pédagogique : étant plus périlleuses, elles exigent plus de rigueur et de précision.

irimi et tenkan

C'est le mouvement des hanches (koshi) de tori qui constitue le principal moteur des techniques, que ce soit pour s'approcher (irimi, « entrer ») ou pour tourner (tenkan). En effet, les hanches sont mues par les jambes, qui sont les muscles les plus puissants du corps ; le reste du corps (torse, bras) ne sert qu'à relier les hanches de uke à celles de tori pour leur transmettre le mouvement et provoquer la chute. Dans la symbolique japonaise, c'est le seika tanden (le « centre des énergies », situé dans le ventre hara, donc associé aux hanches) de tori qui est le centre du mouvement. Tous les mouvements ont donc une combinaison irimi-tenkan. La rotation (tenkan) est parfois appelée tai sabaki (rotation du corps) ou koshi sabaki (rotation des hanches, puisque le mouvement du corps est en fait le mouvement des hanches). Les techniques utilisent soit :
- uniquement le principe irimi : tori se rapproche de uke ce qui lui permet d'esquiver l'attaque (l'attaque passe « derrière » tori) et de le déséquilibrer (de « prendre son centre ») ; ce sont les techniques les plus directes, mais aussi les plus compliquée à mettre en œuvre, le principal défaut des débutants étant leur tendance naturelle d'entrer en utilisant la force ;
- uniquement le principe tenkan : le corps s'efface, laissant passer l'attaque, et tori guide uke ; uke suit une trajectoire circulaire dont le centre est tori ;
- une combinaison irimi-tenkan : tori entre puis pivote ;
- une combinaison tenkan-irimi : tori pivote, puis entre pour prendre le centre de uke.

Techniques debout et à genoux

Les Japonais vivaient beaucoup assis à même le sol, ils ont donc développé les techniques pour pouvoir faire face à une attaque alors qu'ils étaient assis. Les mouvements peuvent donc se faire lorsque les deux partenaires sont debout (tachi waza, 立技), lorsque les deux partenaires sont assis (suwari waza, 座技), ou bien lorsque uke (l'attaquant) est debout et tori (le défenseur) est assis (hanmihandachi waza, 半身半立技).
Travail à genoux : Suwariwaza - 座技
Assis signifie en fait à genoux, dans la position dite seiza lorsque le dessus du pied est au sol ou kiza lorsque l'on s'appuie sur les orteils. Les fesses et le poids du corps reposent alors sur les talons, un genou en avant, les deux cuisses formant un angle proche de 40°. Les pieds peuvent être à plat au départ des techniques, mais l'essentiel du travail se fait avec les pieds dressés sur les orteils. L'aïkido comporte des techniques de déplacement à genou (shikkō). Pour le déplacement de base, l'avancement de la hanche arrière initie un mouvement de pivot sur le genou avant, les deux pieds devant rester les plus proches possibles l'un de l'autre. Passé devant, le pied initialement à l'arrière accroche le sol avec les orteils, et l'ensemble du corps avance, sans laisser traîner l'autre pied, et le genou se pose doucement. Le problème des débutants est généralement qu'ils gardent un angle des jambes fixes, alors que le pivot des hanches n'est possible qu'en réduisant cet angle en rapprochant les genoux. C'est particulièrement sensible lorsqu'il s'agit d'aller en arrière ou d'effectuer des pivots complets : les genoux doivent alors être très prohes l'un de l'autre. Même si l'intérêt martial des techniques à genou a maintenant disparu (de nos jours, pratiquement tout le monde, même les Japonais, s'assoit sur une chaise), cette pratique permet néanmoins :
- de renforcer naturellement la souplesse et la force des jambes;
- de travailler le mouvement (un principe de base est de ne pas compenser la faiblesse technique par la force);
- d'expérimenter des rapports de taille et de force différents de ceux rencontrés debout;
- de s'obliger à garder le haut du corps à la verticale. Il convient cependant d'être prudent dans le travail à genoux, car il sollicite beaucoup les ligaments. Il faut donc faire attention à poser doucement ses genoux, et garder le poids du corps sur les talons. Le port d'un hakama en matière synthétique ou en soie facilite énormément ce travail, grâce à une moindre friction sur les tatami à couverture plastique et en offrant aux genoux une protection supplémentaire.
Hanmi handachi waza - 半身半立技
Dans ce travail, uke, debout, attaque un tori à genoux. Ce travail cumule les difficultés inhérentes au travail à genoux et le fait que la position debout donne un avantage à uke en termes de puissance et de capacité de déplacement. Ce travail oblige ainsi à une grande rigueur dans l'obtention du déséquilibre et à de grands déplacements à genoux.

Rôle de l'attaquant (uke)

L'aïkido insiste sur le fait que, alors que tori exécute la technique d'aïkido et sort théoriquement « vainqueur » de chaque rencontre, uke gagne aussi en expérience en suivant correctement la technique, en étant répétitivement « projeté » ou amené au sol et subissant une clef (gain en souplesse dans ce dernier cas). Par ailleurs, la participation active de uke est indispensable pour que tori puisse exécuter la technique, en fournissant la poussée (l'attaque) initiale. Uke doit rester actif en permanence et toujours garder une attitude martiale, comme s'il cherchait en permanence une faille pour frapper ou retourner la situation ; il existe d'ailleurs des techniques de contre (kaeshi waza), uke ne pouvant retourner la situation que s'il a une attitude « parfaite ». La tentative d'échapper à l'action de tori est par ailleurs le moteur de certains mouvements, comme irimi nage : uke est amené vers le sol en pivotant, et lorsqu'il essaie de se rétablir, tori utilise ce mouvement pour le projeter en arrière, s'il n'essayait pas de se rétablir, uke serait en bien plus mauvaise posture puisque dans l'impossibilité de parer un atemi. Dans une rencontre réelle, l'aïkidoka expérimenté doit être capable de se remettre en garde instantanément après avoir été projeté.

Richesse des combinaisons — takemusu aiki (武産合気)

Il n'y a en fait qu'un nombre réduit de techniques, mais chaque technique peut se faire à partir d'une prise ou d'un coup différent de la part de uke, en omote ou en ura, debout ou à genoux. Ainsi, le nombre de situations est en fait énorme, sans compter la possibilité, à haut niveau, de changer de technique en cours de route (ōyō henka waza), ou bien de retourner la situation (kaeshi waza, uke reprend l'avantage et devient tori). Morihei Ueshiba nommait cette richesse, cette possibilité de « création infinie », takemusu aiki. Le terme takemusu aiki désigne en fait de manière plus large l'aikido comme source de tous les arts martiaux, non pas sur un plan historique, mais en tant qu'art contenant les éléments de base utilisés dans tous les autres arts martiaux : gestion de la posture, des distances, … (même si les postures et distances sont différentes dans les autres arts).

Exemple

La technique fondamentale ikkyō — littéralement « premier principe »— est une clef de bras (levier articulaire) permettant d'amener uke au sol en contrôlant le poignet et en faisant faire un arc de cercle au coude en direction de la tête. Les mains de tori effectuent un mouvement de coupe de sabre. ikkyō (premier principe) : levier articulaire permettant d'amener le partenaire au sol, tori contrôle le poignet et le coude, et effectue un mouvement de coupe de sabre
ikkyō (premier principe) : levier articulaire permettant d'amener le partenaire au sol, tori contrôle le poignet et le coude, et effectue un mouvement de coupe de sabre ikkyō peut se faire :
- sous la forme omote : tori avance en direction de uke (irimi, tori « entre » et vient « prendre le centre » de uke), et effectue un mouvement de coupe de sabre en direction de la tête de uke ; il passe devant uke pour l'amener au sol ;
- sous la forme ura : tori effectue un mouvement de coupe de sabre sur place puis pivote (tai sabaki, tenkan) ; tori se retouve derrière uke, le déséquilibre et la rotation l'amènent au sol. ikkyō : formes omote (devant) et ura (derrière)
ikkyō : forme omote (devant) et ura (derrière) ikkyō donc peut se décliner en
- ai hanmi katate dori ikkyō omote : uke saisit le poignet opposé, tori entre (irimi) en levant les mains et fait la forme omote ;
- ai hanmi katate dori ikkyō ura : idem mais forme ura ;
- gyaku hanmi katate dori ikkyō omote : uke saisit le poignet lui faisant face, tori entre (irimi) en portant un atemi, saisit le poignet de uke avec sa main libre puis fait la forme omote ;
- kata dori men uchi ikkyō omote : uke saisit l'épaule de tori, tori frappe uke à la tête en « piquant » avec les doigts, uke recule le buste et bloque la frappe ; tori profite de ce déséquilibre pour pivoter (tenkan), entraînant ainsi uke, et fait la forme omote ;
- suwari waza shomen uchi ikkyō omote : les deux partenaires sont à genou, uke porte une attaque à la tête, tori reçoit (pare) avec son bras et effectue ikkyō sur le bras d'attaque ;
- ...

Concordance des énergies (principe daiki)

L'aïkido se base sur le principe de la « concordance des énergies ». D'un point de vue martial, cela se comprend de trois manières :
- unir les énergies de son propre corps (
via le seika tanden) pour agir, synchroniser les bras et les jambes ; notamment, on s'attache à mouvoir les deux mains ensemble (comme si elles tenaient un sabre) en maintenant une certaine extension des bras, afin de mieux transmettre le mouvement au partenaire (par un effet de levier) et de maintenir une distance de sécurité (maai),
- unir les énergies des deux partenaires :
tori ne va pas s'opposer à uke mais va au contraire accompagner son mouvement, s'accorder à son rythme ; alors que uke s'attend à rencontrer une résistance, il rencontre en fait le vide, et même une assistance pour poursuivre son mouvement, ce qui provoque sa chute (la sensation est similaire à une porte qui s'ouvre au moment où on essaie de l'enfoncer). Pour prendre une image : lorsque l'on étaie un mur, le mur et l'étai sont en opposition, ils se renforcent mutuellement ; de même si tori s'oppose à uke, il le renforce sur ses positions, il le stabilise, alors que s'il l'accompagne dans son mouvement, il maintient le déséquilibre,
- agir comme un intermédiaire entre un état de violence et un état où la violence n'est plus : on la laisse se déployer où elle ne peut nuire. On peut comparer la personne qui agit de cette façon à un « passeur d'orages » : non pas celui qui empêche les orages de tomber, mais celui qui les dirige de manière à ce qu'ils ne fassent pas de dégâts. Il ne cherche pas à dominer, mais à débloquer là où il y a fixation (sur une émotion, sur la violence ou l'attaque comme telle, etc.) Après le déblocage, il ne conduit pas consciemment la violence – ce serait là une forme de domination – mais la laisse couler vers un endroit prédeterminé, où elle ne peut nuire. On peut y voir une progression partant du niveau psychosomatique (« l'esprit et le corps », unir nos propres énergies), au niveau technique (s'unir avec l'énergie des autres et par là créer un vide), puis au niveau mental (
être le vide). Il serait bien sûr futile d'essayer d'« être le vide » avant d'être capable d'en créer un ou d'essayer de s'unir avec des énergies extérieures lorsqu'on est pas encore capable d'unir ses propres énergies internes. Un concept de progression semblable se retrouve dans l'enseignement du Tenshin Aïkido : on commence par le (剛, dur : nos techniques sont angulaires, exécutées avec force), ensuite viens le (柔, flexible : nos techniques deviennent flexibles, on se sert de la force de l'autre) et finalement le ryū (流, flux : nos techniques « coulent » comme de l'eau, on laisse passer la force de l'autre). Pour cultiver cette notion de l'énergie, on pratique en début et en fin de séance des exercices respiratoires. Dans la symbolique taoïste, ces exercices sont là pour mettre en mouvement l'énergie vitale (le ki, qui signifie aussi le souffle) ; on retrouve des concepts similaires avec le qi chinois, notamment dans le taiji quan. Morihei Ueshiba était aussi un adepte de la secte shintoïste Ōmoto-kyō. Une de ses intentions, en fondant l'aïkido, était de promouvoir la paix et l'harmonie entre les êtres, afin de créer une société meilleure. Le terme « concordance des énergies » renvoit donc également à une conception de la société ou les gens coopéreraient entre eux vers la paix et l'harmonie plutôt que de s'affronter. Dans sa dimension mystique la plus extrême, il considérait l'aïkido comme une prière gestuelle, semblable aux mudra bouddhiques, associé à une prière vocale, le kotodama.

La pratique des armes

En plus des techniques à main nues, l'aïkido comporte l'étude du maniement d'armes en bois : le sabre ou
bokken qui s'utilise sans la garde (tsuba), le bâton moyen ou , et le couteau ou tantō. La pratique des armes permet d'appréhender différentes distances face à un ou plusieurs adversaires (maai), de travailler une attitude correcte (shisei) et de vaincre l'appréhension des armes. Cet apprentissage est donc complémentaire de la pratique à mains nues. En effet, de nombreux mouvements sont dérivés des techniques utilisées par les guerriers armés, ou bien des techniques utilisées pour désarmer l'adversaire. De plus, la visualisation d'un mouvement avec un sabre donne une conception plus claire du mouvement à effectuer à mains nues. Les techniques de sabre ont eu une grande importance dans l'élaboration de l'aïkido par Maître Ueshiba. L'apprentissage se fait, entre autres, sous la forme de kata : on exécute des mouvements normalisés, seuls ou à plusieurs, simulant des situations de combat stéréotypées. Le peut servir à relayer les mouvements du corps pour projeter l'adversaire :
-
jō nage waza (杖投げ技): tori tient le , uke vient le saisir (ou tente de le saisir) et tori fait chuter uke en agissant sur le
-
jō dori (杖取り): uke tient le , tori vient saisir le et projette uke en agissant sur le . Les techniques de défense contre une attaque au couteau sont appelées tantō dori. Elles se terminent par un désarmement de uke. Dans la branche iwama ryū, la pratique des armes s'appelle bukiwaza (武器技) et la pratique à mains nues s'appelle le taijutsu (littéralement « technique corporelle ») ; dans le bukiwaza, la pratique du bokken s'appelle laikiken et la pratique du s'appelle laikijō. Maître Saito expliquait que pour le fondateur, l'aïkido était l'étude du bukiwaza et du taijutsu, et que ces deux éléments sont indissociables. Une autre arme est pratiquée en aïkido: Le (bâton long). Certaines écoles pratiquent également le bâton court ou tambō. La pratique du bâton permet d'abord la juste position des hanches et des pieds, qui est la même qu'en aïkido. Aux États-Unis, certains dōjō enseignent également des techniques de désarmement avec des pistolets en mousse ou en bois, tandis qu'en Afrique, certains dōjō pratiquent des techniques de défense contre différents types de machettes. Il s'agit alors d'applications de l'aikido, mais pas de l'aikido à proprement parler. Notons que si la très grande majorité des enseignants reconnaissent que la pratique des armes facilitent les progrès, Morihei Ueshiba n'a lui-même que peu enseigné la pratique des armes. La transmission de cette pratique s'est faite essentiellement par les élèves les plus gradés (uchi deshi, étudiant admis à résider dans le dōjō) ayant reçu de manière exclusive l'enseignement des armes par le fondateur : Morihiro Saito, pour le bokken et le , et Hikitsuchi Michio, le seul a n'avoir jamais reçu le 10 dan directement du fondateur O-sensei Ueshiba Morihei, qui a hérité du Makemono (rouleau permettant d'enseigner) du Masakatsu bōjutsu (Masakatsu = victoire éclatante). Au niveau des passages de grade, le travail à mains nues contre le ou le tantō est exigible à partir du premier kyū. Le travail au bokken, contre mains nues ou contre un autre bokken, est exigible à partir du troisième dan.

Forme, attitude et efficacité martiale

L'enseignement de l'aïkido se fait exclusivement par des répétitions de techniques codifiées. Le but de ces formes est en fait de travailler son attitude. En effet, un mouvement ne peut être réussi que si :
-
tori est toujours stable, il doit donc avoir une attitude « parfaite » (shisei - 姿勢) ;
-
tori gère les ouvertures (possibilités d'attaque) et fermetures (empêcher uke de contre-attaquer), en gérant les distances, les directions et le rythme du mouvement (maai - 間合) ;
-
tori coordonne ses mouvements et les harmonise pour maîtriser uke sans que celui-ci rencontre une opposition qui lui permettrait de se raffermir (aiki) ;
-
uke est toujours en déséquilibre, ce qui implique un travail sur les directions, l'extension des bras et la continuité du mouvement (ki no nagare). L'important est cette attitude, ces principes ; dans un combat réel, peu importe que le geste soit effectué dans les formes pourvu qu'il soit efficace, c'est-à-dire que l'on ait respecté les principes martiaux. Mais il faut assimiler les formes pour assimiler les principes, il faut « apprendre les formes pour se libérer de la forme ». L'efficacité martiale, pour un aïkidoka, ne réside donc pas dans l'agressivité (qui au contraire mène à la destruction), mais dans l'attitude. Une des manières d'évaluer la justesse martiale est de marquer des atemi (coups) de manière symbolique (par exemple avancer la main ouverte sur le visage pour symboliser un coup de poing) : si tori a la possibilité de frapper, c'est que son attitude est correcte, et si uke peut frapper, c'est que tori a fait une erreur. Mais il n'est pas nécessaire de porter réellement ces coups pour juger de l'efficacité de l'attitude. Notons que certaines branches de l'aïkido vont jusqu'à supprimer le marquage des atemi. C'est ainsi que l'aïkido peut se prétendre à la fois « martial » et « non-violent » : il n'est pas nécessaire d'être violent pour avoir une justesse martiale (c'est même contre-productif). Pour des raisons pédagogiques, les mouvements sont montrés avec une grande amplitude, alors qu'en combat réel il vaut mieux avoir des mouvements courts (rapides et économisant l'énergie) — notez que les mouvements se raccourcissent spontanément avec la tension nerveuse (stress) de l'agression, ils raccourcissent également au fur et à mesure que l'on progresse. En revanche, l'aïkido permet de se préparer physiquement (souplesse, rapidité, musculature), mentalement (rester calme en toutes circonstances) et techniquement (respecter la distance de sécurité, trouver l'ouverture, se placer, gérer plusieurs attaques simultanées).

La garde : kamae - 構え

La garde de base en aïkido est la position hanmi (san kaku 三角, littéralement en triangle). Le pied avant est dans l'alignement de la jambe, le pied arrière ouvert avec un angle de 50° par rapport à l'axe du pied avant. Le pied avant doit être à la hauteur de la cheville arrière. Le poids est réparti sur la plante des deux pieds, les talons très légers. La manière la plus simple d'arriver aisément à cette garde est de partir d'une position de face, les pieds à la verticale des épaules. On pivote alors d'un côté ou de l'autre sur la plante des pieds. Si cette position est basique dans toutes les écoles, la position des mains varie considérablement en fonction du type de travail. Cette position est intermédiaire entre la garde iaido (les pieds sont parallèles, les hanches complètement de face) et la garde de karate, où les hanches sont profilées pour réduire la zone d'impact et permettre d'armer les coups de pied. L'objectif de cette garde est d'obtenir une bonne mobilité dans toutes les directions. On rencontre également la position hitoemi (一重身). La position des jambes est similaire à hanmi, mais les pieds sont ouverts au maximum. Les hanches sont alors complètement de face. Issue de la pratique du jō, cette position assure une plus grande stabilité, en particulier à la fin des mouvements. Elle présente cependant des risques importants au niveau des ligaments du genou, ce qui fait que plusieurs experts la déconseillent.

La tenue

La tenue de base est le
keikogi (vêtement d'entraînement), appelé à tort « kimono ». Il s'agit du même qu'en judo (jūdogi). Il se compose d'une veste et d'un pantalon en coton blanc. La veste est fermée par une ceinture (obi). Lorsque le professeur estime que l'élève est suffisamment à l'aise dans ses déplacements et dans ses chutes, il l'autorise à porter le hakama, une sorte de pantalon flottant noir ou bleu foncé. Cependant, selon les dojos et les écoles la période où le hakama est portée peut varier : le pratiquant est autorisé à le mettre dès le début, à partir du 3, 2 ou 1 kyū… Les titulaires d'un grade dan (étudiants avancés) portent systématiquement un hakama. L'aïkido se pratique pieds-nus sur les tatami (ou, à défaut de tatami, sur un tapis), mais il faut s'y rendre avec des chaussures pour des raisons d'hygiène ; les pratiquant utilisent en général des nu-pieds que l'on appelle zōri. Lorsque l'on monte sur le tatami, les zōri doivent être disposées perpendiculairement au tatami, la pointe en direction de l'extérieur, comme si l'on avait à sortir en catastrophe.

Les grades

Comme tous les
budō modernes, le débutant se voit attribuer le grade 6 kyū, puis progresse jusqu'au 1 kyū. Les passages de grade kyū se font au dōjō (lieu de pratique) par le professeur lui-même. Puis, le pratiquant passe le 1 dan, le grade le plus élevé étant le 10 dan. Les passages de dan se font devant une commission fédérale ou nationale. Il n'existe en aïkido que deux couleurs de ceinture : blanc et noir. On porte la ceinture blanche du 6 au 1 kyū, puis la ceinture noire à partir du 1 dan. Dans le cas des enfants, certains dōjō utilisent des ceintures de couleurs différentes pour marquer le niveau, et ainsi donner des repères de progression aux jeunes pratiquants. Le professeur autorise le port du hakama lorsqu'il juge que le pratiquant a atteint un niveau suffisant. Selon les dōjō, cela se fait au 3 kyū (équivalent de la ceinture verte au judo) ou au 1 kyū (équivalent à la ceinture marron) ou avant. Il est à noter que la ceinture noire n'est pas une marque de maîtrise, le 1 dan est un étudiant (shodan) qui a acquis les bases. C'est à partir du 1 dan que commence vraiment la pratique de l'aïkido en le considérant dans son ensemble. Les usages peuvent toutefois varier d'un pays à l'autre. En Grande-Bretagne, par exemple, l'étude, qu'on appelle aikijō, des techniques avec armes en bois (bokken, , etc.) est considérée comme indissociable de l'étude des techniques à mains nues, à laquelle on réserve le terme aïkido. Une progression en parallèle dans ces deux domaines est obligatoire ; on ne peut, par exemple, prétendre passer le 3 kyū en aïkido si l'on n'a pas atteint au minimum le 4 kyū en aikijō, et inversement, de sorte qu'il y a à tout moment au plus un kyū, ou un dan, de différence entre le niveau dans ces deux domaines de pratique. Toujours en Grande-Bretagne, on utilise des ceintures de couleurs différentes (pas seulement pour les enfants) pour marquer le niveau en aïkido, et des petites bandes de tissu rouge sur fond noir (dont les dimensions ne sont pas sans rappeler les épaulettes des militaires), cousues sur le revers de la veste du keigogi, pour indiquer le niveau de pratique en aikijō. Enfin, dans ce pays, le port du hakama n'est autorisé qu'après l'obtention du 1 dan (pratique constatée dans la région de Birmingham, en 1989).

Les sons en aïkido (kototama ou kotodama)

Voir l'article détaillé Kotodama.

Étiquette

Enseignants et partenaires

L'aikido reprend la structure japonaise traditionnelle du
dōjō, avec parfois des changements notables par rapport à ce qu'il se passe au Japon. En temps normal, la position la plus honorifique est occupée par l'enseignant (sensei - 先生, « celui qui est né avant »). La forme d'adresse varie selon les lieux. Au Japon, l'emploi du terme sensei est la règle, ce titre étant donné à tous les types d'enseignants. Hors du Japon, le terme a pris des connotations de respect et de déférence marquées à la faveur de sa traduction en « maître ». Certains enseignants préfèrent donc l'éviter, et en France l'usage le réserve aux seuls très hauts gradés, mais l'usage du terme pour désigner n'importe quel enseignant est fréquent dans le monde anglo-saxon. Selon les dōjō, il peut exister des instructeurs (shidōin) et des assistants-instructeurs (fuku shidōin) qui ont pour fonction d'aider l'enseignant. Au moment du salut, ils se placent perpendiculairement aux autres élèves, à main gauche de l'enseignant. Chaque élève occupe au sein du dōjō une position définie relativement aux autre pratiquants. Les pratiquants plus gradés et plus anciens dans la pratique sont les sempai (先輩), les pratiquants du même grade et du même temps de pratique sont les dōhai (同輩) et les pratiquants plus récents les kōhai (後輩). L'établissement de ces positions respectives est avant tout coutumière, et ne se fonde pas sur le seul rang. L'ancienneté dans la pratique ou dans le dōjō en est un élément déterminant. Ces considérations gouvernent le placement au début et à la fin du cours. L'enseignant se place dos à la place d'honneur, kamiza (上座,« place ou siège d'honneur »), les élèves face à lui au shimoza(下座, « place basse ») et les instructeurs à sa gauche au jōseki (上席, « côté haut »). S'il y a des dignitaires non-pratiquant, ils seront placé en face des instructeurs au shimoseki (下席, « côté bas »). Les élèves se rangent de la gauche à la droite de l'enseigant (donc du jōseki au shimoseki) par ordre décroissant d'anciennementé et de grade. Les raisons symboliques de cette orientation sont expliquées dans l'article dōjō. En France, on appelle généralement ses partenaires par leur prénom et on utilise le tutoiement. On fait habituellement de même avec l'enseignant du dōjō où on pratique habituellement. Concernant le placement ordonné des élèves :
- certains enseignants considèrent qu'il faut connaître sa place et être conscient de son niveau, et donc respectent cette disposition traditionnelle ;
- d'autres considèrent au contraire que cela renforce lego
(l'estime de soi), et que c'est un signe d'humilité et d'amitié de se « mélanger ».

Position assise - seiza 正座

Il s'agit de la position de base lors du début du cours, du salut (rei) ou lorsqu'on écoute les explications de l'enseignant. Le pratiquant se tient à genoux, les pieds à plat sur le sol, le poids sur les talons. Les gros orteils peuvent se chevaucher légèrement. L'essentiel est d'avoir le dos droit, les mains posées à mi-cuisse. Les genoux doivent être écartées d'une distance correspondant à l'espace d'un poing à un poing et demi. Cette distance n'est pas seulement coutumière : elle limite l'effort imposé par cette position aux ligaments des genoux. Pour se relever de la position seiza, il convient de basculer légèrement le poids vers les genoux afin de permettre aux pieds de s'appuyer sur les orteils, mais sans projeter le corps en avant. On lève ensuite le genou droit, puis le genou gauche. Pour s'asseoir, on suit la procédure inverse : d'abord le genou gauche se pose le premier en terre, puis le genou droit. Cet ordre s'explique par le port du sabre, porté à gauche : il est possible de dégainer avec le genou gauche à terre et le genou droit levé, alors que la position inverse rend l'exercice très difficile.

Saluts

À l'aikido, on pratique plusieurs saluts :
- en entrant sur le tatami on effectue un salut debout (ritsurei) ou assis en seiza (zarei), en direction du kamiza (plus précisément vers le kamidana, dai d'honneur normalement orienté vers le levant et comportant généralement un temple shintō miniature, des calligraphies suspendues et d'autres articles shintō (au Japon du moins), et vers l'image de O-sensei, mais sans tourner le corps vers le centre: on doit seulement en prendre compte mentalement. Si on a pas de kamidana en règle, d'autres objets associé à la pratique de laikidō, comme par exemple un bokken et un , peuvent servir de kamidana de fortune. Une simple image de O-sensei en guise de « kamidana » montrerait un manque envers les 43 kami protecteurs de la aikidō et envers O-sensei lui-même, révérer comme un kami et non pas comme un individu, qui n'auraient plus de place où résider) ;
- en début de cours, on effectue un salut assis, précédé d'un instant de contemplation ou "méditation" (
mokusō, à ne pas confondre avec zazen) qui permet de faire une coupure avec le monde extérieur, et d'aborder le cours au calme ;
  - l'enseignant et les élèves saluent vers le
kamiza (voir plus haut);
  - l'enseignant et les élèves se saluent mutuellement, parfois en prononçant un
onegai shimasu (« s'il vous plait ») ;
- à la fin d'une démonstration de l'enseignant, les élèvent le saluent assis ; puis, pour pratiquer, les élèves se saluent mutuellement en début et en fin de pratique ;
- en fin de cours, les élèves et l'enseignant effectuent un salut assis vers le
kamiza, puis se saluent mutuellement en prononçant dōmo arigatō gozaimashita ou merci beaucoup ;
- en descendant du
tatami, on salue vers le kamiza. Certains enseignant frappent dans leurs main lors du salut vers le kamiza, selon le rite shintō. Voir l'article détaillé Salut en budo. La pratique des armes s'accompagne de saluts particuliers. Quand on prend une arme, il convient de saluer en direction du kamiza, l'arme présentée devant soi à hauteur des yeux. On s'incline alors, les bras devant rester à une hauteur fixe. Pour le début et la fin du cours, le problème est de savoir où placer l'arme :
- tantō : on le place en général juste devant soi;
- bokken : on fait comme si le bokken était un vrai sabre. Pendant le cours, on le porte à gauche, comme s'il était glissé à la ceinture. Au moment du salut, on le présente face à soi, pointe vers le bas et lame vers soi, pour le poser ensuite à sa droite. Au début du cours, la lame sera tournée vers l'extérieur, vers soi à la fin du cours. Le genou doit être au niveau de la garde éventuelle. Ainsi, avec un vrai sabre, si quelqu'un essaye de tirer l'arme par l'arrière, il est possible de poser le genou sur la poignée, laissant le voleur avec le seul fourreau. Quand on écoute les explications de l'enseignant, le
bokken peut être soit porté au niveau de la ceinture à gauche, comme un sabre passé dans la ceinture, ou porté à droite, pointe vers le bas, la main sous le niveau de la garde (manifestant ainsi qu'on n'est pas en position de combat).
- jō : le
est habituellement porté par la main droite, à la moitié de la longueur, la pointe du dirigée légèrement vers l'avant (avec l'idée de pouvoir porter un coup à la gorge en cas d'urgence). Pour saluer debout, le poignet bascule de manière à faire basculer le (il est alors clairement impossible d'attaquer avec), et on fait un salut debout. Pour se mettre en garde, on avance ensuite la main qui tient le , l'autre main vient en saisir l'extrémité et la première main se positionne à un tiers de la longueur. Pour les saluts à genou, le est également positionné à droite, dépassant le genou d'une trentaine de centimètres.

Passages de grade

Le passage d'un grade kyū (級) ou d'un grade dan (段) est un moment de la pratique répondant à une étiquette spécifique. Ce qui suit en souligne les principaux points. #Choix du partenaire : il existe à ce sujet deux pratiques. L'une veut que les aspirants à un grade réalisent leur passage avec les pratiquants les plus hauts gradés, afin que leur prestation ne soit pas gênée par la qualité de leur
uke. Dans ce cas, ce sont les gradés qui se présentent d'eux-mêmes, ou l'enseignant qui les désigne. Une autre école veut au contraire que le partenaire soit titulaire du grade auquel on aspire, ou le plus proche de ce niveau. C'est alors à l'aspirant d'aller saluer le partenaire prospectif si celui-ci n'est pas désigné par l'enseignant. Pour les passages de grade dan fédéraux en France, l'aspirant choisit un partenaire au sein de sa poule pour la première partie du passage (suwariwaza et hanmi handachi waza), puis un autre pour la seconde partie (tachiwaza). Le premier partenaire revient alors pour les armes (bukiwaza), et les deux sont présents pour le randori. #Positionnement et saluts : lorsque l'aspirant est appelé, il salue un partenaire, prend ses armes et pose celles-ci à un endroit proche de celui du passage, habituellement sur le côté du tatami ou devant la table du jury. L'aspirant et son partenaire s'asseyent ensuite côte à côte, face au jury ou à l'enseignant, l'aspirant à gauche de son partenaire. Les deux saluent alors le jury, puis se saluent mutuellement. Il y aura un échange de salut entre les deux partenaires lors de chaque changement de type de travail (de suwariwaza à hanmi handachi waza par exemple), ainsi qu'à chaque changement de partenaire. À la fin du passage, le premier partenaire reste, et les deux personnes reprennent les positions du début. Elles se saluent, puis saluent le jury. L'aspirant reprend alors ses armes et retourne à sa place. Lors de l'annonce des résultats, les démonstrations de joie exubérante sur le tatami sont en général assez mal vues. #Remise de distinction : l'étiquette en ces occasions est similaire à celle des passages de grade. Il peut s'agir de la remise par l'enseignant du hakama, de la ceinture noire, d'un certificat d'obtention d'un grade ou toute autre distinction. Lorsqu'il est appelé, le récipiendaire salue, fait le tour de ses partenaires assis en passant derrière eux, et entre sur le tapis par le côté, à la hauteur de l'endroit où il va aller s'assoir en face de l'enseignant. Si celui-ci est à genoux, ce qui est le plus souvent le cas, le récipiendaire se dirige vers l'enseignant selon une ligne parallèle au kamiza, dans une marche à genoux plus courte que la marche shikko, sans tourner les hanches et en levant les genoux devant soi. À l'arrivée, il doit se trouver face à l'enseignant, à un tatami de distance, et saluer l'enseignant. Pour prendre la distinction que celui-ci lui tend, le récipiendaire avance de manière à la revevoir à bouts de bras, avec les deux mains. Il salue alors avec la distinction en mains, recule jusqu'à sa distance initiale, pose l'objet sur le côté et salue à nouveau l'enseignant. Il retourne ensuite à sa place en revenant sur ses pas.

L'aïkido à travers le monde

L'aïkido en France

Hors du Japon, la France est le pays qui compte le plus de pratiquants d'aïkido, avec près de 60 000 licenciés (d'après les fédérations en 1997). Le pratiquant ayant le grade le plus élevé en France est Nobuyoshi Tamura
senseï, 8 dan ; c'est le représentant de l'Aïkikaï pour l'Europe. Initialement en France, les clubs d'aïkido étaient affiliés à la fédération de judo, la FFJDA ; l'aïkido s'est séparé de cette fédération en 1982, ce qui a entraîné la création de deux fédérations indépendamment reliées avec lAikikai So Hombu japonais, et comprenant de nombreux courants :
- la FFAB, Fédération française d'aïkido et de budo, qui comprend principalement :
  - L'Aïkikaï de France, dont le référent technique est Tamura senseï shihan (694 clubs) ;
  - le GHAAN, le Groupe historique d'aïkido André Nocquet (51 clubs) ; d'abord l'élève de Tadashi Abe dès 1952, André Nocquet est parti au Japon en 1958 suivre l'enseignement du créateur de l'aikido ; son groupe a rejoint la FFAB en 1985. Maître Nocquet est décédé en 1999 ;
  - le groupe Iwama ryu, héritier de Morihiro Saïto senseï (décédé en 2002), dont le référent est Daniel Toutain (15 clubs) ; :la fédération regroupe aussi la Fédération kyudo traditionnel (FKT) ainsi que le Cercle iaido qui est principalement conduite par Malcom Tiki Shewan;
- la FFAAA (ou 2F3A), Fédération française d'aïkido, d'aïkibudo et affinitaires, qui comprend aussi :
  - le groupe Aïkido (737 clubs), dont le référent technique est Christian Tissier, seul français s'étant vu décerner le titre de « Shihan » (modèle) par l'Aïkikaï.
  - le groupe Aïkibudo (87 clubs), anciennement Katori shintô ryu, dont le référent technique est Alain Floquet. Le ministère de la Jeunesse et des sports ne délivre normalement d'agrément que pour une seule fédération par "sport", et fait donc pression sur la FFAB et la FFAAA pour qu'elles fusionnent. Cependant, les différents courants craignent une trop grande uniformisation et donc une perte de la richesse ; il ne faut pas non plus se masquer les yeux, certains dirigeants sont jaloux de leur indépendance, voire craignent de voir diminuer leurs revenus en raison d'un regroupement des stages fédéraux.

Collation des grades dan

En France, les deux fédérations organisent les passages de dan en commun sous l'autorité de l'UFA, Union des fédérations d'Aïkido. C'est l'UFA qui est reconnue par le ministère de la Jeunesse et des sports. De ce fait, les dan délivrés par l'UFA constituent des diplômes d'État. Cette exigence de l'État français, et de nombreux autres États européens, repose sur la collation des grades par un jury ne connaissant en général pas le pratiquant avant l'examen. Ce fonctionnement s'oppose à la collation traditionnelle des grades au Japon, où le dan est décerné par l'enseignant puis par le maître de celui-ci sur recommandation de l'enseignant, et implique une longue période d'observation du pratiquant. De ce fait, l'État français ne reconnaît pas les grades décernés par l'Aïkikaï, sauf à partir du 5 dan, et réciproquement, l'Aïkikaï ne reconnaît pas les grades français. Il existe ainsi en France des examens spécifiques de grades Aïkikaï, organisés au sein de chaque fédération, dont les jury sont présidés par Nobuyoshi Tamura ou Christian Tissier, seules personnes ayant la possibilité de décerner des grades Aïkikaï. La coutume veut qu'on ne se présente à un examen Aïkikaï qu'une fois titulaire du grade français de niveau correspondant. On peut enfin noter que cette situation est assez générale. Les élèves de Kazuo Chiba, au sein du Birankai peuvent choisir au moment de leur passage si leur grade sera valable au sein de leur seul groupe ou si M Chiba doit demander leur homologation à l'Aïkikaï. Au-delà du 5 dan, il n'existe plus d'examen. La promotion repose sur la qualité de la pratique et de l'enseignement (facteur déjà pris en compte au 4 dan). Elle se fait sur proposition à l'Aïkikaï par C. Tissier ou N. Tamura et homologation du grade par l'État français. Plusieurs hauts gradés se rendent également au Japon pour pratiquer de manière intensive et passer leurs grades supérieurs directement à l'Aïkikaï Hombu Dojo.

Autres lieux d'enseignements

Toujours à propos de la France, il existe de très, très nombreux groupes et sous-groupes (voir une courte sélection en liens externes) où des différences sont d'ordres pédagogique, techniques, spirituels, personnels, hiérarchiques, sportifs, etc. On peut citer parmi ces autres groupes l'AFATJ, Association française d'aïkido traditionnel du Japon, créée par Gérard Blaize également habilité à délivrer des grades Aikikai, groupe rattaché à la FFST (Federation Française du Sport Travailliste), L'ARA, Aïkido ryu Abe, créée par Jean-Pierre Le Pierres, la FAT, Fédération d'aïkido traditionnel fondée par Daniel André Brun, et le Ki no michi, fondé par Masamichi Noro. Des enseignants se sont regroupés avec Alain Peyrache pour fonder l'ISTA, l'International School of Traditional Aïkido. Lieu d'échange, l'ISTA est un endroit où il n'y a aucune autorité administrative au-dessus du professeur. Citons également le groupe Birankaï, dont le référent technique est Chiba sensei, installé aux États-Unis.

Voir aussi

Articles connexes


- Aïki-budo
- Arts martiaux
- Budo
- Birankai
- Dan
- Dōjō
- Kyū
- Iwama
- Shodokan
- Techniques d'aïkido
- Yoseikan Budo
- Stage d'Aïkido

Liens externes

Aikido en France

Fédérations

Il existe principalement deux fédérations d'aikido en France, qui comprennent plusieurs courants internes :
- [http://www.ffab-aikido.fr Fédération française d'aikido et de budo] (FFAB) dirigée par Nobuyoshi Tamura
  - [http://www.ghaan.com GHAAN] élèves d'André Nocquet
  - [http://michelbecart.com Association culturelle na

Budo

ja:武道 Catégorie:Art martial japonais En japonais, bu (武) signifie la guerre et do (道) la voie (en chinois : dao ou tao, cf. le taoïsme). Les budo (武道) sont les arts martiaux japonais apparus entre le milieu du et le milieu du . Les budo les plus connus en France sont le judo, le karate-do et l’aïkido.

Historique des budo

Les techniques guerrières (bujutsu 武術) développées durant le moyen-âge japonais se sont transformées par trois phénomènes :
- l’arrivée des armes à feu, rendant caduques un certain nombre de conceptions de la guerre ; les armes à feu (teppô) sont arrivées vers la fin du de Chine mais leur utilisation est restée très limitée (essentiellement utilisées par les clans Hôjô et Takeda) ; ce sont les Portugais, arrivés au milieu du , qui vont répandre les fusils, de bien meilleure qualité ;
- deux siècles de paix interne de l’ère Edo (16001868), durant lesquels les techniques guerrières se détournent du combat de masse et évoluent vers le raffinement et les duels ; les guerriers (bushi) deviennent des fonctionnaires (samouraï) ;
- l’ère Meiji (à partire de 1868), qui vit la disparition du système féodal, et notamment de la caste des guerriers (samouraï). Vers le milieu du , certaines personnes (notamment Jigoro Kano, Morihei Ueshiba et Gichin Funakoshi) prennent conscience que, loin d’être devenues inutiles, les techniques guerrières avaient encore un rôle éducatif et de promotion internationale. C’est ainsi que les jutsu (術 techniques) sont devenus des do (道 voies) : le kenjutsu (escrime) laissa sa place au kendo, le jujutsu (techniques de souplesse) donna naissance au judo et à l’aïkido, les techniques de boxe d’Okinawa donnèrent le karate-do, le kyujutsu donna naissance au kyudo (tir à l’arc zen)...

Budo et spiritualité

Dans leur forme originelle, les budo sont empreints de bouddhisme zen, de taoïsme et de shintoïsme (religion animiste traditionnelle),
- à la fois en raison de leurs origines : les écoles, ou ryu, basaient sur des principes secrets mystiques (mikkyo), notamment pour les techniques secrètes (okuden) enseignées uniquement aux étudiants les plus fidèles : importance de l’énergie vitale (ki), de la respiration (kokyu), du ventre (hara) qui est le siège du centre des énergies (seika tanden, équivalent du dantian chinois)…
- mais aussi en raison de la volonté de leurs créateurs d’éduquer les jeunes aux valeurs traditionnelles et de respect. Le recours à la spiritualité était également un moyen de coder les descriptions des techniques afin que les rouleaux les décrivant soient incompréhensibles par les non-initiés. Les écrits n'étaient ainsi en apparence que des élans mystiques mais étaient en fait des métaphores : le « reflet de la lune sur le lac » pouvait désigner la distance entre les combattants, les « deux sommets » pouvaient désigner les coudes… Enfin, dans l'idéal, le samourai devait renoncer à la vie. C'était à la fois une preuve de l'engagement total au service de son maître, mais aussi une garantie de garder son calme et donc son efficacité en combat, n'ayant rien à perdre. Cette dimension métaphysique forte s'accompagnait bien évidemment d'une grande religiosité. Le concept le plus difficile à saisir pour un européen est sans doute celui de vide (le vide est un des cinq éléments de la tradition japonaise). La vacuité dans les budo peut se vulgariser par les notions suivantes :
- non-pensée : ne pas se troubler l’esprit pour ne pas déformer sa perception du monde, oublier la peur pour combattre efficacement ; l’esprit est similaire à un lac reflétant le ciel, s’il est agité (par les émotions), il déforme l’image perçue (d’où l’expression mizu no kokoro, le « cœur semblable à l’eau ») ;
le combattant qui a un but, celui de frapper son adversaire, restreint sa liberté ; à l'inverse, celui qui n'a pas de but, et notamment celui qui ne veut pas nuire, est libre d'agir à sa guise, il est donc vainqueur ; c'est un autre sens de la non-pensée ;
- non-action : ne pas s’opposer à l’attaque mais la guider, percevoir l’intention de l’adversaire sans laisser paraître ses propres intentions ; ainsi l’attaque est maîtrisée au moment même où l’adversaire la formule dans son esprit, l’action se termine avant d’avoir commencé ;
- non-être : agir non pas en opposition avec l'adversaire et l'environnement, mais au contraire en s'unissant à eux, c'est-à-dire ne pas s'opposer à l'attaque mais la guider, et prendre en compte les contraintes de l'environnement ; d'un point de vue mystique, on ne peut vaincre l'univers ni se vaincre soi-même ! Mais en s'unissant à à l'adversaire et à l'univers, on perd son identité (non-être) ;
- le vide est une métaphore de l'esprit, car comme lui, il est immatériel, insaisissable ; « frapper le vide » signifie donc frapper l'esprit ;
prenons par exemple le cas d'une coupe de sabre qui s'effectuerait non pas sur l'adversaire, mais devant lui ; cette coupe provoque un réflexe de recul, un effroi, le sabre a donc frappé le vide au sens propre (fendu l'air) comme au sens figuré (intimidation) ; c'est un des sens de l'expression « sabre instrument de vie » (par opposition à l'instrument de mort) ;
- en bouddhisme, l'existence et la non-existence sont la même chose, ce qui est caché rélève de la non-existence alors que ce qui est apparent relève de l'existence ; ainsi, dans la croyance de la réincarnation, l'être avant la naissance est de la non-existence, et la naissance est la révélation cette non-existence, qui devient alors existence ;
dans le budo, on peut dire que l'intention est non-existence et que le geste est existence, c'est une seule et unique chose qui est d'abord cachée puis révélée ; le combattant doit donc tenter de percevoir l'existence (les mouvements de l'adversaire), mais aussi la non-existence (l'intention qui précède les mouvements) ; De manière synthétique, un des éléments fondamentaux du combat est d'agir en fonction des événements (en « harmonie avec l'univers »), et pour cela, il ne faut pas avoir da priori mais être ouvert et lucide — non-pensée, non-action et non-être. Cette dimension a dans certains cas totalement été mise de côté, notamment avec le judo de compétition et le karate full-contact. Dans certains cas, elle est au contraire fortement mise en avant encore de nos jours, notamment dans laïkido et le kyudo.

Voir aussi


- Jiujitsu
- Taoïsme : Plénitude du vide et autres paradoxes

Bibliographie


- Les arts martiaux, E. Charlot, P. Denaud, éd. Puf, coll. Que sais-je ? n°1791, 1999
- Traité des cinq roues (Gorin no sho), M. Musashi, éd. Albin Michel, 1643
- Le sabre de vie (Heiho kadensho), Yagyu M.

Liens externes


- [http://ledube.free.fr/Index/dico.htm Dictionnaire de termes techniques japonais]

Japon

] Le Japon (en japonais 日本, Nihon ou Nippon ) est un pays d'Asie du Nord-Est. 日本 signifie « origine du Soleil » - 日=jour ou soleil, 本=racine - pour évoquer le soleil levant, surnom parfois utilisé pour désigner le Japon ; le prince Shōtoku Taishi (聖徳太子, 574-622) s'était servi de cette expression dans une lettre envoyée à l'empereur de Chine (Cf. Noms du Japon). 日本 sont deux idéogrammes chinois notés RI4 BEN3 et prononcés "je ben" en chinois. Cette forme chinoise est donc l'origine du nom du Japon en langue française. Le Japon est un archipel volcanique constitué de milliers de petites îles entre l'océan Pacifique et la mer du Japon, à l'est de la péninsule coréenne « pays du matin calme » à la croisée de plusieurs plaques tectoniques sources de nombreux séismes. Quatre îles principales,Kyūshū, Shikoku, Honshū et Hokkaidō composent l'archipel japonais. Cette dernière, historiquement peuplée par les Aïnus (ou Aïnous), fut envahie par un flux de populations qui partit de la Corée. Les migrants s'installèrent dans la plaine du Yamato et formeront plus tard les premiers artisans de la culture japonaise alors que les peuples originels seront cantonnés au nord de Honshū et sur l'île de Hokkaidō. Connu sous le nom de « pays du soleil levant », son économie très développée, même si elle stagne actuellement, résulte de sa longue et riche histoire et de sa culture ethnocentrique. Le nom japonais Nippon est utilisé sur les timbres et pour les événements sportifs internationaux, alors que Nihon est utilisé plus fréquemment au Japon même. Nippon réfère aussi à l'empire japonais et à une certaine idéologie. Yamato (大和) est le nom que l'on donne à l'ancienne période de Amateratsu, qui selon la mythologie ayant cours avant la capitulation en 1946, aurait créé le Japon. C'est à l'origine le nom de la première structure impériale connue qui exerçait son pouvoir autour de Nara (奈良) aux environs du . Aujourd'hui, on trouve toujours le mot Yamato dans des expressions telles que Yamato damashii (大和魂, « l'esprit japonais »).

Histoire

Article détaillé : Histoire du Japon La légende prétend que le Japon fut fondé au par l'empereur Jimmu. Le système d'écriture chinois et le bouddhisme furent introduits durant les et s, initiant une longue période d'influence culturelle chinoise. Les empereurs étaient les dirigeants symboliques, alors que le véritable pouvoir était le plus souvent tenu par les puissants nobles de la Cour, régents ou shoguns (gouverneurs militaires). À partir du , des commerçants venus du Portugal, d'Espagne, des Pays-Bas et d'Angleterre débarquèrent au Japon avec des missionnaires chrétiens. Pendant la première partie du , le shogunat japonais craignit qu'ils fussent les prémisses d'une conquête militaire par les forces européennes. Ils interdirent la religion chrétienne et tuèrent ceux qui bravaient cet interdit avant de cesser toute relation avec l'étranger, exceptés certains contacts restreints avec des marchands chinois et hollandais à Nagasaki (長崎), précisément sur l'île de Dejima (出島). Cet isolement volontaire dura 200 ans jusqu'à ce que les États-Unis, avec le commodore Matthew Perry, forcent le Japon à s'ouvrir à l'Occident en signant la Convention de Kanagawa en 1854. En seulement quelques années, le renouement des contacts avec l'Occident transforma profondément la société japonaise. Le shogunat fut forcé de démissionner et l'Empereur fut remis au pouvoir. La restauration Meiji de 1868 initia de nombreuses réformes. Le système de type féodal fut officiellement aboli et de nombreuses institutions occidentales furent adaptées. De nouveaux systèmes juridiques et de gouvernement ainsi que d'importantes réformes économiques, sociales et militaires transformèrent le Japon en une puissance régionale. Ces mutations donnèrent naissance à une forte ambition qui se transforma en guerre contre la Chine (1895) et contre la Russie (1905) dans laquelle le Japon gagna la Corée, Taiwan et d'autres territoires. L'expansionnisme militaire du Japon au début du qui débuta avec l'annexion de la Corée (1910), se poursuivit avec l'invasion de la Mandchourie et une seconde guerre sino-japonaise avec le premier bombardement aérien à Shanghai d'une ville et de ses civils (à partir de 1937). Le Japon se construisit un empire colonial étendu jusqu'à l'Asie du Sud-Est qui lui permit de se fournir en matières premières. L'attaque sur Pearl Harbor dans l'archipel d'Hawaii en 1941 l'engagea dans la Seconde Guerre mondiale. Le Japon fut finalement vaincu en 1945 après le largage de deux bombes atomiques, une sur Hiroshima (6 août 1945) et une autre sur Nagasaki (9 août 1945). Il se rendit aux États-Unis et ses alliés le 2 septembre 1945. Le traité de paix avec la Russie est toujours en négociation. Le Japon dévasté d'après-guerre, confiné à l'archipel, resta sous la tutelle des États-Unis jusqu'en 1952. Ils imposèrent une nouvelle constitution plus démocratique et fournirent une aide financière qui encouragea le renouveau du pays. L'économie se rétablit rapidement et permit le retour de la prospérité sur les îles. Actuellement, le Japon est l'un des pays qui a les plus grandes dépenses militaires au monde mais l'importance de ce budget ne fait pas du Japon un grande puissance militaire. La constitution japonaise interdit en effet la création d'une armée, de toute opération militaire en dehors de ses frontières et de la possession de l'arme atomique. Cependant, des « forces d'autodéfense », un corps professionnel disposant de moyens techniques avancés, supplante progressivement l'armée étasunienne d'occupation. Avec la guerre en Irak, la Constitution a été aménagée pour pouvoir déployer des troupes hors de son territoire.

Politique

Article détaillé : Politique du Japon Le Japon est une monarchie constitutionnelle avec un parlement bicaméral, le Kokkai ou diète. Le pouvoir exécutif appartient au cabinet, responsable devant la diète, composé du premier ministre et de ministres d'État devant tous être des civils. Le premier ministre est choisi au sein de la diète par ses pairs. Il a le pouvoir de nommer et démettre les autres ministres, dont une majorité doit être membres du parlement. La constitution attribue la souveraineté, qui revenait auparavant à l'empereur, au peuple japonais. Le monarque est alors défini comme symbole de l'État. La branche législative se compose d'une chambre des représentants (Shūgi-in) de 480 sièges, dont les membres sont élus au suffrage universel tous les quatre ans et d'une chambre des conseillers (Sangi-in) de 242 sièges, composée de personnes élues pour une durée de six ans. Le suffrage est toujours universel et secret. Depuis 2003, les ambassades du Japon organisent le vote de leur ressortissants expatriés. L'interdiction faite aux fonctionnaires de sortir du pays tend à s'assouplir. Les Coréens résidents au Japon depuis plusieurs générations sont considérés comme des étrangers. Il y a ainsi, pour ces derniers, obligation de renouvellement annuel du titre de séjour et absence de certains droits fondamentaux dont celui de pouvoir voter. Le Japon pratique officiellement la peine de mort. Le dernier cas en date est celui de Masumi Hayashi, une Japonaise de 43 ans, qui a été condamnée à mort par pendaison par la Haute Cour d'Ōsaka en appel en 2005. Elle était accusée d'avoir empoisonné quatre personnes à l'arsenic et d'en avoir intoxiqué 63 autres en 1998. (Source : journal Le Monde, 28 juin 2005).

Préfectures

Article détaillé : Préfectures du Japon Le Japon est subdivisé en 47 préfectures : préfecture

Géographie

préfecture Article détaillé : Géographie du Japon left Le Japon est un archipel s'étendant le long de la côte est de l'Asie. Quatre îles principales composent le pays : du Nord au Sud, Hokkaidō, Honshū (la plus grande), Shikoku et Kyūshū. En outre, l'archipel comporte environ 3 000 autres îles, plus petites. Naha, sur l'île d'Okinawa dans l'archipel des Ryūkyū (Ryūkyū retto en japonais), est située à plus de 600 km au sud-ouest de Kyūshū. Au sud de Tōkyō, l'archipel des Nanpo s'étire sur plus de 1 000 km jusqu'à Iwo Jima. Au nord, les îles de Sakhaline (Karafuto en japonais) et les Kouriles (Chishima retto qui s'étendent à plus de 1 200 km au nord-est de Hokkaidō), entièrement russes depuis 1945, sont parfois considérées comme les points extrêmes de l'archipel. Environ 73 % du pays est constitué de montagnes, avec une chaîne traversant chacune des îles principales. La plus grande montagne japonaise est le célèbre mont Fuji (Fuji-san) culminant à 3 776 m d'altitude. L'île Atlasov (Oyakoba en japonais), à l'extrémité nord des îles Kouriles, est un pic enneigé magnifique (2 337 m) sortant directement de la mer. Du fait qu'il existe si peu de terrains plats, de nombreuses collines et montagnes sont cultivées sur toute leur hauteur. Comme le Japon est situé dans une zone de subduction des plaques tectoniques, des volcans sont actifs, de fréquentes secousses telluriques d'intensité variable sont ressenties dans tout le Japon. De puissants et destructeurs tremblements de terre se produisent régulièrement et peuvent créer des tsunamis. Le séisme de Kōbe en 1995 fit 6 433 morts et 43 700 blessés. Les sources naturelles d'eau chaude sont nombreuses et ont souvent été aménagées pour la villégiature. Le Japon enregistre environ 20 % des séismes les plus violents dans le monde. Du fait de sa situation nord-sud, le climat au Japon est extrêmement varié. Sapporo, sur l'île du nord, a un été doux et un hiver long et froid avec de fortes chutes de neige. Tōkyō, Nagoya, Kyōto, Ōsaka et Kōbe, au centre et à l'ouest de la plus grande île (Honshū), subissent des hivers relativement doux avec peu ou pas de neige et des étés chauds et humides. Fukuoka (Hakata), sur l'île de Kyūshū, a un climat avec des hivers doux et un été court alors que le climat d'Okinawa est subtropical. Les îles Kouriles sont généralement enveloppées de brumes. Rattaché à Nemuro, il comprend 5 gun : Kunashiri, Etorofu, Urupu, Rakkoshima et Chōka. L'archipel japonais est touché par les tempêtes tropicales et les cyclones (appelés typhons), surtout entre juin et octobre. En 2004, dix cyclones se sont abattus sur le Japon, parmi lesquels Meari qui a fait 22 morts et 6 disparus. Le bilan matériel de la saison 2004 est catastrophique : au moins 155 milliards de yens (1,4 milliard de dollars américains ou 1,1 milliard d'euros) de dégâts. Les typhons les plus violents au Japon au ont dévasté Muroto en 1934 (3 000 morts) et dans la baie d'Ise en 1959 (5 000 morts). Le Japon est découpé en dix régions qui sont (du nord au sud) : Hokkaidō, Tōhoku, Kantō, Chūbu, Kansai (couramment appelé Kinki), Chūgoku, Shikoku, Kyūshū et Okinawa. Voir aussi : Villes du Japon

Économie

Article détaillé : Économie du Japon Le Japon, s'appuyant sur la coopération entre l'État et les entreprises, une forte éthique du travail, la maîtrise des hautes technologies et la faiblesse relative des dépenses militaires (1 % du PIB), a progressé à un rythme extraordinaire jusqu'à devenir la deuxième économie du monde, derrière les États-Unis. L'organisation économique du Japon a quelques traits propres : les liens étroits entre industriels, sous-traitants, et distributeurs dans des groupes appelés keiretsu ; de puissants syndicats d'entreprise, peu de conflits, un mouvement de revendications salariales annuel (shuntō) au printemps ; la garantie de l'emploi à vie pour une part importante des employés de l'industrie. Depuis, l'éclatement de la bulle financière, des licenciements et surtout la fermeture de très nombreux sous-traitants ont détruit ce mythe. L'industrie, secteur dominant de l'économie (avec 39 % du PIB, contre 25 % aux États-Unis, et 33 % de la population active, contre 25 % en France), est très dépendante des importations de matières premières et d'énergie. En effet, le territoire japonais ne pourvoit qu'à 3 ou 4 % des ressources naturelles dont a besoin le pays. Le secteur agricole, bien moindre, est fortement subventionné. Les rendements sont parmi les plus hauts du monde. Le plus souvent autosuffisant en riz, le Japon importe la moitié de sa consommation des autres céréales. Sa flotte de pêche est une des plus importantes au monde et réalise presque 15 % des prises totales. Pendant trois décennies, la croissance a été spectaculaire : en moyenne et hors inflation 10 % par an dans les années 1960, 5 % dans les années 1970 et 4 % dans les années 1980. Dans les années 1990 la croissance a été nettement plus faible, essentiellement à cause de surinvestissements à la fin des années 1980, et d'une politique économique d'austérité destinée à purger les excès antérieurs des marchés boursiers et immobiliers. Les efforts du gouvernement pour relancer la croissance ont eu peu de succès. La signature d'accords avec l'organisation mondiale du commerce força le Japon a réduire ses subventions aux agriculteurs, ouvrant la voie aux riz américains ou vietnamiens (le riz constitue la base alimentaire des repas des Japonais). Depuis fin 2002, un mouvement de réprise s'est amorcé, tiré par le rapide développement du voisin chinois, et, plus récemment, par la demande intérieure (consommation des ménages, chômage en baisse,...) et l'assainissement du secteur bancaire. À long terme, la surpopulation des zones habitables et le vieillissement de la population sont deux problèmes majeurs. La robotique est une des grandes forces de l'économie à long terme. 410 000 des 720 000 robots industriels du monde sont au Japon.

Démographie

Articles détaillés : Démographie du Japon ~ Villes du Japon La société japonaise est ethniquement et linguistiquement très uniforme avec 99 % de la population parlant le japonais. Le 1 % restant étant constitué principalement de population d'immigrants venus de Corée et de Chine, ainsi que de la petite minorité indigène des Aïnus d'Hokkaidō. En 2004, 19,5 % des Japonais avaient plus de 65 ans. La même année, il y avait moins de deux millions d'étrangers sur un total de près de 130 millions d'habitants.

Religion

Articles détaillés : Religion japonaise ~ Burakumin La plupart des Japonais ne croit pas en une religion particulière et unique. Ceux-ci sont profondément animistes, de nombreuses amulettes tant à la maison qu'en voyage en attestent. Leur pratique est chamanique au travers du shintoïsme, les autres religions n'étant qu'une appropriation animiste des dieux d'autres lieux dans leur panthéon personnel ou collectif. Cependant, nombreux sont les Japonais, particulièrement au sein de la jeune génération, qui sont opposés aux religions pour des raisons historiques et en raison du développement de la science. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut exigé du peuple japonais de croire au seul shintoïsme et interdit de croire en une autre religion. Ce shintoïsme d'Etat fut indissociable du nationalisme nippon qui prônait une élimination pure et simple des apports, pourtant anciens, du bouddhisme et enfin du christianisme apporté par les missionnaires portugais (dont faisait partie le père jésuite François-Xavier). Heureusement, beaucoup d'autres ont su garder une vision plus apaisée de la religion et en « utilisent » plusieurs dans leur vie. Ainsi, une même personne peut aller invoquer les dieux au sanctuaire shintō à l'occasion du nouvel an et tenter d'attirer leur attention avant les examens d'entrée à l'école ou à l'université. Celle-ci, raisonnant de manière confucianiste, souhaitera parfois un mariage à l'occidentale dans une église chrétienne après une cérémonie plus traditionnelle et aura des funérailles dans un temple bouddhiste. Au début du XVIIe siècle et après une période de relative tolérance, le christianisme fut interdit puis pourchassé jusqu'à une quasi éradication du pays (mis à part Nagasaki et ses environs). Aujourd'hui, la situation s'est inversée et un certain nombre de nouvelles religions ou sectes qui se sont établies juste avant ou à la suite de la Seconde Guerre mondiale occupent une place importante au Japon.

Transport

Voir aussi : Transport au Japon ~ Shinkansen (Le train à grande vitesse) ~ Liste des chemins de fer japonais ~ Métro de Tokyo Lien externe : http://www.train-tram.be/japon

Culture

La culture japonaise est influencée par celle de la Corée et celle de la Chine (bien que ceci soit rarement admis). Mais elle en est aussi distincte. Les influences culturelles étrangères se sont historiquement effectuées via la Corée du fait de leur proximité géographique. L'arrivée des Portugais et plus tard des Américains a quelque peu modifié ce système.
Articles détaillés : Culture japonaise ~ Dessins animés ~ Manga ~ Gastronomie ~ Musique ~ Art contemporain ~ Sports ~ Lieux touristiques ~ Cinéma ~ Théâtre |+ Fêtes et jours fériés ! Date !! Nom français !! Nom local !! En japonais !! Remarques |- | || Jour de l'An || Ganjitsu || 元日 | |- | 2 lundi de janvier || Jour de l'accession à la majorité | Seijin no Hi || 成人の日 ||déplaçable depuis 2000,
15 janvier auparavant |----- | 11 février | Anniversaire de la fondation de l'État | Kenkoku Kinen no Hi || 建国記念の日 || |- | 20 ou 21 mars || Jour de l'équinoxe de printemps | Shunbun no Hi || 春分の日 ||déplaçable selon l'Observatoire |----- | 29 avril || Journée verte || Midori no Hi || みどりの日 | |- | 3 mai || Commémoration de la constitution | Kempō Kinenbi || 憲法記念日 || |----- | 4 mai || Repos national || Kokumin no Kyūjitsu || 国民の休日 | |- | 5 mai || Jour des enfants || Kodomo no Hi || こどもの日 | |----- | 3 lundi de juillet || Jour de la mer | Umi no Hi || 海の日 ||déplaçable depuis 2003,
20 juillet auparavant |- | 3 lundi de septembre || Jour des personnes âgées | Keirō no Hi || 敬老の日||déplaçable depuis 2003,
15 septembre auparavant |----- | 22 ou 23 septembre || Jour de l'équinoxe d'automne | Shūbun no Hi || 秋分の日 ||déplaçable selon l'Observatoire |- | 2 lundi d'octobre || Jour de l'éducation physique | Taiiku no Hi || 体育の日 ||déplaçable depuis 2000,
10 octobre auparavant |----- | 3 novembre || Jour de la culture | Bunka no Hi || 文化の日 || |- | 23 novembre || Fête du travail || Kinrō Kansha no Hi || 勤労感謝の日 | |----- | 23 décembre || Anniversaire de l'empereur | Tennō Tanjōbi || 天皇誕生日 || |{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{{

Morihei Ueshiba

ja:植芝盛平 Ueshiba, Morihei Ueshiba, Morihei Ueshiba, Morihei Ueshiba, Morihei Maître Ueshiba (植芝盛平) est le fondateur de l'aïkido. En adaptant les techniques guerrières ancestrales japonaise, il a contribué, avec Jigoro Kano et Gichin Funakoshi, à la conservation de ce savoir menacé d'oubli par la modernisation de la société japonaise. Une de ses grandes motivations était de promouvoir la paix en enseignant un art accessible à tous et basé sur la négation de la violence, l'union des efforts (un des sens de aiki) et non leur opposition. Il était également un fervent croyant, adepte d'une secte shinto.

Biographie

Morihei Ueshiba est né de Yokoru et Yuki Ueshiba le 14 décembre 1883(16 novembre sur le calendrier lunaire japonais) à Tanabé au Japon. C'était un enfant de faible constitution et souvent malade, mais très intelligent. Il étudie le chinois et la religion bouddhiste sous la direction d'un prêtre Zen. Il porte un intérêt marqué à la prière et la méditation. Pour se renforcer physiquement, son père le pousse à pratiquer le sumo et la natation dès l'âge de 10 ans. En 1901, il part à Tokyo, où il ouvre une librairie papeterie, en fait, une simple échoppe ambulante. Il étudie le ju-jutsu au Tenshin Shinyo-ryu sous Tokusaburo Tozawa. De nouveau malade, il retourne à Tanabé. Il s'astreint alors à se forger un corps neuf et solide en pratiquant les exercices physiques les plus durs. Quelque temps plus tard, il épouse Itogawa Hatsu. A 20 ans, il réussit à s'engager dans un régiment d'infanterie malgré sa petite taille (1,56 m), où il apprend le combat à la baïonnette (jutte jutsu). Il participe à la guerre russo-japonaise en Manchourie. Il quitte l'armée en 1906, et retourne à Tanabé. En 1910, le gouvernement japonais lance un projet pour repeupler Hokkaido. Ueshiba décide de partir en 1912 avec sa famille et un groupe de 80 personnes. Ils fondent la ville de Shirataki. La vie est très dure, l'hiver très long, les récoltes mauvaises. Mais la détermination de Ueshiba motive les colons. C'est à cette époque que Ueshiba rencontre Sokaku Takeda, maître de l'école Daïto de jujutsu (daito ryu jujutsu, héritière du clan Takeda). Ueshiba l'invite à rester chez lui pour devenir son disciple et que Takeda lui enseigne son art. En 1919, il apprend que son père est gravement malade. Il abandonne ses terres à maître Takeda et part pour Tanabé. En route, il entend parler de [http://reinosha.site.voila.fr/page1.html Onisaboro Deguchi], un grand maître spirituel de la religion [http://reinosha.site.voila.fr/page3.html Shinto Omoto Kyo]se trouvant à Ayabé, près de Tokyo. Ueshiba décide de lui rendre visite. Arrivé à Tanabé, il apprend que son père est mort depuis 4 jours. Très peiné, il passe de longs mois à méditer et à prier. Il décide de s'installer avec sa famille à Ayabé et se convertit a la religion Omoto Kyo. Il ouvre le dojo « Ueshiba Juku » pour les adeptes de cette religion. Il y développe sa propre idée du budo. Sa notoriété grandit, son art prend les noms successifs de Daito ryu ju jutsu, puis Daito ryu aïki ju jutsu, et aïkijujutsu en 1922. Pendant cette période, il aura souvent la visite de Maître Takeda. En 1924, il décide de suivre maître Degushi en Mongolie pour fonder une communauté utopiste, centre spirituel pour l'amour et la fraternité universelle, selon les principes de l'Omoto Kyo. Durant ce voyage, il a sa première illumination (satori) : il a le sentiment de sentir les coups avant qu'ils ne lui soient porté, sous la forme d'un éclair blanc. Sans adhérer à cette notion mystique, on peut dire que Ueshiba avait atteint un niveau de maîtrise des arts martiaux qui lui permettaient de ne laisser aucune ouverture dans son attitude, et d'anticiper de manière quasiment instinctive les attaques qui lui étaient portées, ce qu'attestent de nombreux témoignages. Six mois plus tard, après d'innombrables difficultés, le gouvernement chinois les fait emprisonner. Ils évitèrent d'être fusillés grâce à l'intervention du gouvernement japonais. De retour au Japon, maître Ueshiba reprend son entraînement, développant son art, le Ueshiba Aïki Jujutsu, qu'il renomma aïkibudo en 1930, puis Kobu budo. Sa réputation s'étend à travers tout le Japon. De grands maîtres d'art martiaux viennent le voir pour le défier. Jigoro Kano, le fondateur du Judo, envoie ses meilleurs élèves étudier l'art martial qui deviendra l'aïkido en 1942. Il est invité à faire de nombreuses démonstrations dans tout le Japon, et entre autres, devant la famille impériale. Il donne des cours à l'académie de police militaire. Au début de la guerre au Japon, en 1942, maître Ueshiba part à Iwama près de Tokyo. Il y pratique l'agriculture, et y parfait son art dans son dojo l'Aiki Dojo. Il fait également ériger un sanctuaire pour l'aikido: L'Aiki Jinja, aujourd'hui classé monument historique. En 1948, les Américains, qui ont interdit toutes pratiques martiales au Japon, autorisent la reprise de l'enseignement de l'aïkido pour son caractère de Paix et de recherche de vérité. LAïkikaï Foundation est officiellement ouvert le 9 février, dirigé par Kisshomaru Ueshiba, son troisième fils. Le dojo central de l'Aïkikai est le Hombu Dojo, situé à Tokyo. Le développement de l'Aïkido à travers le monde commence alors. Koichi Tohei, 9e dan et pratiquant de la première heure, est envoyé aux États-Unis pour enseigner l'Aïkido. De nombreux maîtres le suivront dans différents pays. Maître Ueshiba acquiert le titre de O'Sensei (« grand maître », maître dans le sens « professeur ») et continue à perfectionner l'aïkido à Iwama. En 1969, maître Ueshiba tombe malade. Il meurt le 26 avril 1969. Deux mois plus tard, Hatsu, sa femme, meurt à son tour. Son fils Kishomaru Ueshiba prendra sa suite. Moriteru Ueshiba, petit fils du fondateur, est l'actuel Doshu, ou Maître de la Voie. Il continue, avec l'aide des grands maîtres à travers le monde, à développer l'aïkido, et à diffuser l'esprit de maître Ueshiba dans son message de Paix.

Bibliographie


- Morihei Ueshiba et les croquis de Takako Kunigoshi,
Budo Renshu (1re éd. 1933) ; édité en français sous le titre Techniques de budo en aïkido, trad. Ch. Tsuji et G. Blaize, Paris, Éd. Guy Trédaniel, 1997 [ISBN 2-85707-991-5]
- Morihei Ueshiba, introd. de Kisshomaru Ueshiba,
Budo : les enseignements du fondateur de l'aikido, Paris, Budostore, rééd. 1994 (d'après la trad. de John Stevens : Budo, teachings of the founder of aikido) [ISBN 2-908580-39-X]
- Laurent Schang,
le Fondateur de l'aïkido, Éd. Pygmalion, 2004, 194 p.
- John Stevens et Walther V. Krenner
Aïkido, enseignements du fondateur, Paris, Éd. Guy Trédaniel, 2000, 158 p.

1960

Cette page concerne l'année 1960 du calendrier grégorien.

Événements

Premier trimestre

Détails : Janvier 1960 - Février 1960 - Mars 1960
- 1 janvier : En France, Entrée en vigueur du nouveau franc par division de l'ancien par 100.
- 1 janvier : Indépendance du Cameroun, président Ahmadou Ahidjo.
- 9 janvier : Début de la construction du barrage d'Assouan en Égypte.
- 11 janvier : Indépendance du Tchad, président Tombalbaye.
- 24 janvier : En Algérie, semaine des barricades à Alger (24 janv.-1er fév.).
- 5 février : Le plus grand synchrotron du monde pour la recherche nucléaire (25-milliards d'électron-volt), est inauguré à Meyrin dans la banlieue de Genève (Suisse) par un groupement de 13 nations européennes.
- 13 février : Premier essai (Gerboise bleue) de la bombe à fission française (bombe A) à Reggane dans le désert du Tanezrouf (Sahara algérien).
- 18 février : Ouverture des 8 Jeux Olympiques d'hiver à Squaw Valley en Californie.
- 28 février : Création à Atlanta du mouvement des chevaliers du Ku Klux Klan regroupant les mouvements racistes disparates de 17 états méridionaux.
- 29 février : Un tremblement de terre de magnitude 6,7 sur l'échelle de Richter fait 15 000 victimes à Agadir au Maroc.
- 2 mars : Le pape nomme les premiers cardinaux non blancs : un Africain, un Japonais et un Philippin.
- 7 mars : Lancement du journal Télé 7 jours
- 21 mars : Massacre à Sharpeville, en Afrique du Sud. La Police ouvre le feu sur un groupe de manifestants noirs non armés : 69 morts et 180 blessés.
- 23 mars : Visite en France de Nikita Khrouchtchev

Deuxième trimestre

Détails : Avril 1960 - Mai 1960 - Juin 1960
- 3 avril : Fondation du PSU
- 18 avril : Première apparition publique des Beatles.
- 27 avril : Indépendance du Togo octroyée par la France. Ancienne colonie allemande, le pays était sous administration déléguée de l'ONU.
- 1 mai : Un avion de reconnaissance américain de type U2 (avion-espion) est abattu au-dessus du territoire soviétique.
- 7 mai : Nikita Khrouchtchev accède à la présidence de l'URSS.
- 9 mai : Légalisation de la pilule anticonceptionnelle sur la territoire américain. La FDA (Food and Drug Administration) approuve la pilule comme moyen contraceptif.
- 11 mai :
  - Mise à flot du paquebot France, à Saint-Nazaire (Bretagne).
  - Le Président Eisenhower reconnaît publiquement que les États-Unis ont effectué des missions de reconnaissance aérienne au-dessus de territoire soviétique durant les quatre dernières années. Le 15 mai, il annonce que plus aucun vol d'espionnage ne sera fait.
- 14 mai : Sommet des quatre grandes puissances, à Paris, avec Eisenhower, Macmillan, Khrouchtchev et de Gaulle.
- 22 mai : Tremblement de terre record au Chili (9,5 sur l'échelle de Richter), il fait 2000 morts sur place et 250 du fait des tsunamis au Japon, aux Philippines, en Alaska et aux îles Hawaï.
- 23 mai : Enlèvement de Adolf Eichmann en Argentine par les Israéliens pour être jugé en Israël.
- 20 juin : Indépendances du Mali et du Sénégal octroyées par la France. Les deux pays forment la Fédération du Mali qui éclatera au mois d'août.
- 30 juin : Indépendance du Congo Belge octroyée par la Belgique, président Joseph Kasavubu. La guerre civile débute immédiatement.

Troisième trimestre

Détails : Juillet 1960 - Août 1960 - Septembre 1960
- 1 juillet :
  - Le Somaliland britannique et la Somalie sont réunis et proclament leur indépendance.
  - Indépendance du Ghana octroyée par la Grande-Bretagne mais le pays reste membre du commonwealth.
- 9 juillet : Un décret autorise le péage sur les autoroutes françaises.
- 11 juillet : À la convention nationale des démocrates à Los Angeles en Californie, le sénateur John F. Kennedy est nommé dès le premier tour de vote. C'est le plus jeune candidat à être nommé pour cette élection.
- 13 juillet : Premier festival de Jazz d'Antibes en France.
- 20 juillet : Pour la première fois au monde, une femme Sirimavo Bandaranaike est élue chef d'un gouvernement à Ceylan.
- : Indépendance du Dahomey (