Taoïsme
Le taoïsme (道教 pinyin : dào jiào, littéralement : la religion, ou l'école, de la voie) est à la fois une philosophie et une religion chinoise.
Plongeant ses racines dans les profondeurs de la culture chinoise ancienne, ce courant de pensée multiforme a imprégné l'art, la philosophie et la spiritualité de l'Extrême-Orient. On en trouve des avatars bouddhiques dans le Chan (Zen en japonais), des variantes médicales, politiques, esthétiques, on le retrouve dans les arts martiaux et il résonne encore aujourd'hui jusqu'en Occident, en particulier avec des thèmes comme l'écologie et le développement personnel.
Origine
Son noyau le plus sûr est constitué par le « Canon taoïste », ensemble de trois livres écrits ou compilés peu de siècles avant Jésus-Christ :
- Le Dao De Jing (ou Tao Te Ching, Livre de la Voie et de sa Vertu), attribué au père fondateur du courant : Lao Zi (Lao-tseu). Ce court recueil d'aphorismes obscurs et poétiques est reconnu comme l'un des textes spirituels majeurs de l'humanité.Ses très nombreuses traductions et interprétations, parfois fort divergentes, illustrent la richesse et la fluidité insaisissable de la pensée taoïste. Bien qu'il soit délicat d'énoncer avec clarté et objectivité l'enseignement de Lao Zi, la lecture du Dao De Jing permet de découvrir les principaux thèmes du taoïsme et offre une riche matière à la méditation.
- Le livre de Zhuang Zi (Tchouang-tseu), plus développé, est en grande partie l'œuvre directe d'un des auteurs les plus révérés de la Chine. Sous forme de fables, d'envolées métaphysiques ou de dialogues philosophiques, il propose un individualisme raisonné et une vie détachée d'esthète. Ce fut le livre de chevet de nombreux artistes et sa lecture devint souvent un refuge pour des générations de fonctionnaires-lettrés (les mandarins) en butte aux difficultés de la vie sociale.
- Le Vrai Classique du vide parfait, attribué à Lie Zi, est une collection d'anecdotes et de fables dont la plupart sont inspirées par le taoïsme de Zhuang Zi. On y retrouve l'intensité des débats philosophiques de l'époque.
À l'époque durant laquelle ces deux philosophes auraient vécu (si tant est qu'ils aient effectivement existé), existait une catégorie d'hommes de savoir aussi mentionnés par Zhuangzi, trop vite oubliés mais qui ont pourtant joué un rôle essentiel dans la formation du taoïsme et de ses pratiques. Ce sont les êtres « aux pouvoirs extraordinaires » qui pratiquaient des exercices gymniques et respiratoires qui sont sans aucun doute à l'origine des exercices de Daoyin tels qu'ils sont encore pratiqués aujourd'hui (sous une forme altérée).
C'est la période des « spécialistes » (Fangshi), provenant d'un chamanisme très ancien, et des « immortels » (Xian), figures de légende qui ont enflammé l'imagination d'adeptes et d'empereurs durant des siècles. Ce sont ces mêmes personnages dont on sait si peu (l'écriture ne sera généralisée que bien plus tard) qui sont aussi à l'origine des ermites chinois, qu'ils soient taoïstes ou bouddhistes, souvent en marge de toutes les doctrines, et qui ont joué un rôle essentiel dans le développement des techniques de longévité.
La philosophie de Lao Zi (Dao De Jing) et de Zhuangzi (Nanhua Zhenjing) des Royaumes Combattants s'est progressivement mêlée aux idées cosmogoniques des écoles du Yin-Yang et des Cinq Eléments pour donner un mouvement « d'idées taoïstes » qui mettaient en avant la pensée de Lao Zi et l'idéal de Huáng Dì le souverain Jaune légendaire. Ce courant fut connu sous les Han sous le nom de Huanglao, formé du début du nom des deux personnages centraux et déifiés : Huáng Dì et Lao Zi. Plutôt que le premier mouvement à caractère religieux, comme il a parfois été présenté, Huanglao est un trait de culture qui est aujourd'hui assimilée à la culture taoïste, alors seulement en formation.
souverain Jaune
Durant la même période, le premier vrai mouvement religieux du nom de Taiping Dao (la Voie de la Grande Paix) fut créé par Zhang Jue à partir de la culture Huanglao. Il fut suivi par l'école Wudoumi Dao (des Cinq Boisseaux de Riz) fondé par Zhang Daoling, figure aujourd'hui légendaire. Ce dernier courant était organisé autour d'un personnage central « céleste » qui, comme l'empereur, régnait sur une cohorte d'adeptes en suivant le modèle de Laozi. Ces derniers devaient payer un tribut (cinq boisseaux de riz) pour faire partie de la communauté dont les pratiques étaient centrées autour des démons et des maladies dont les adeptes devaient se guérir à l'aide de rituels et de talismans. Cette école sera plus tard appelée Tianshi Dao (l'école des Maîtres Célestes) et chaque « maître céleste » sera issu (mais pas toujours) de la même famille Zhang, jusqu'à nos jours dont le représentant actuel se trouve à Taïwan. Parallèlement à cette école, religieuse selon nos critères occidentaux, se développa à partir des Fangshi les pratiques alchimiques qui marquèrent un tournant dans la vie des premiers adeptes taoïstes. Il s'agissait d'obtenir l'immortalité physique par l'ascèse d'une part et par l'ingestion de produits minéraux et végétaux hautement toxiques, pour former dans le corps un « élixir » (Tian) ou une « pilule d'immortalité » faite d'or à partir de cinabre. Ce courant, très en vue sous les Tang, fut appelé Jindan (Pilule d'Or ou Elixir d'Or) et il constitua les premisses de la chimie. Peu de temps après, sous les Song, ce nom désigna des pratiques aussi bien "externes" (ingestion de minéraux), qu'internes (gymniques, méditatives, respiratoires) ou sexuelles. Il fut progressivement remplacé sous les Song par des techniques presqu'exclusivement internes et fut connu sous le nom de Neidan (Elixir Interne), pour se différencier du précédent, et dont est issue l'appellation « d'alchimie interne ». On y développa les centres énergétiques appelés « Champs de Cinabre » (Dantian) de la libre circulation du Qi (énergie vitale / souffle vital) dans le corps et des techniques méditatives.
Il y eu plusieurs écoles taoïstes au fil du temps, mais les deux prépondérantes dès les dynasties Jin et Yuan ( et s) furent l'école des Maîtres Célestes (appelée aussi Zhengyi, Unité Orthodoxe) et l'école de la Complétude de l'Authentique (Quanzhen Dao). Cette dernière est la fusion de deux courants alchimiques (comprendre ascétiques) : l'école du nord qui fut fondée dans le Shaanxi sous les Jin par l'excentrique Wang Chongyang sur les bases de la tradition alchimique (interne, Neidan) de la tradition dite de Zhonglü (du nom des deux patriarches « immortels » Zhong Liquan et Lü Dongbin), du bouddhisme Chan et de la bienveillance confucéenne ; l'école du sud de Zhang Boduan des Song fondée dans le Sichuan mais très active au sud du Changjiang. Il existe donc aujourd'hui deux courants, l'un plutôt ritualiste et séculier, l'autre plutôt ascétique centré autour de communautés de type bouddhique.
Dans la Chine impériale, deux courants principaux se partagent l'héritage de ces écrits. Le taoïsme populaire est une forme de religion, avec ses prêtres, ses rites, son aspiration à l'immortalité de l'âme ou du corps, son bestiaire fabuleux, ses saints et ses sectes. Concurrencé par l'arrivée du bouddhisme, il s'est renouvelé pour survivre en lui empruntant, tout comme le bouddhisme s'est fortement teinté de taoïsme en s'introduisant en Chine. Le syncrétisme chinois a permis aux « trois religions » (confucianisme, taoïsme, bouddhisme) de cohabiter, d'échanger, et aussi d'éviter la plupart du temps les guerres de religions, transformées en luttes d'influence auprès de l'empereur. Parallèlement à la religion taoïste, un courant nommé en Occident « Taoïsme philosophique » a cherché à contre-balancer dans le cœur des lettrés l'hégémonie du confucianisme, qui fut promu très tôt orthodoxie officielle et qui a dominé la pensée chinoise jusqu'à nos jours, presque sans interruptions, parfois au détriment de la diversité.
Principaux traits
S'étant souvent défini par rapport à son rival confucianiste, le courant de pensée taoïste peut s'éclairer par comparaison avec ce dernier. Cependant, ces deux courants de pensée partagent l'héritage du fond culturel chinois, qui est beaucoup plus important que ce qui les sépare, et sont ainsi plus complémentaires qu'antagonistes. Les lettrés chinois les ont le plus souvent perçus comme deux moyens différents d'arriver au même but : la sagesse. Chacun est efficace dans son domaine, et on peut très bien, comme le dit l'adage, être « confucianiste le jour et taoïste la nuit ».
Suivre la Voie
confucianisme
La recherche de la sagesse en Chine se fonde principalement sur l'harmonie. L'harmonie, pour les taoïstes, se trouve en plaçant son cœur (et son esprit, le caractère chinois du cœur désigne les deux entités) dans la Voie (le Tao), c'est-à-dire dans la même voie que la nature. En retournant à l'authenticité primordiale et naturelle, en imitant la passivité féconde de la nature qui produit spontanément les « dix mille êtres », l'homme peut se libérer des contraintes et son esprit peut « chevaucher les nuages ». Pronant une sorte de quiétisme naturaliste (Granet), le taoïsme est un idéal d'insouciance, de spontanéïté, de liberté individuelle, de refus des rigueurs de la vie sociale et de communion extatique avec les forces cosmiques. Ce taoïsme des grandes chevauchées mystiques a servi de refuge aux lettrés marginaux, ou marginalisés par un bannissement aux marches de l'Empire, aux poètes oubliés, aux peintres reclus... et fascine aujourd'hui bien des Occidentaux.
Pour se libérer des contraintes sociales, le taoïste peut fuir la ville et se retirer dans les montagnes, ou vivre en paysan. Dans les Entretiens de Confucius, on trouve déjà cette opposition très chinoise entre d'une part ceux qui assument la vie en société et cherchent à l'améliorer (les confucianistes) et, d'autre part, ceux qui considèrent qu'il est impossible et dangereux d'améliorer la société, qui n'est qu'un cadre artificiel empêchant le naturel de s'exprimer (les taoïstes). Cette dialectique est celle de lengagement, qui divise encore les milieux littéraires dans le monde. Quelques images de Zhuang Zi l'éclairent commodément : un arbre tordu, dont le menuisier ne peut faire de planches, vivra de sa belle vie au bord du chemin, tandis qu'un arbre bien droit sera coupé en planches puis vendu par le bûcheron. L'inutilité est garante de sérénité, de longue vie. De même l'occupant d'une barque se fera insulter copieusement s'il vient gêner un gros bateau, mais, si la barque est vide, le gros bateau s'arrangera simplement pour l'éviter. Il convient donc d'être inutile, vide, sans qualités, transparent, de « vomir son intelligence », de n'avoir pas d'idée préconçues et le moins d'opinions possible. Ayant fait le vide en soi, le sage est entièrement disponible et se laisse emporter comme une feuille morte dans le courant de la vie, c'est-à-dire : librement « s'ébattre dans la Voie ».
Plénitude du vide et autres paradoxes
Entretiens de Confucius
C'est le vide du moyeu, le vide dans la jarre, le vide des portes et fenêtres qui donnent leur utilité à la roue, aux récipients, aux maisons, nous explique Lao Zi (DDJ XI). C'est la partie Yin, le fond obscur des vallées, le sexe féminin qui ont le pouvoir de créer, de multiplier les êtres (DDJ VI). Dans ce vide qui n'est pas le vide théorique des physiciens, se trouvent en germe toutes les possibilités de l'existence. En faisant le vide en soi, les pensées limpides peuvent circuler. C'est grâce au « blanc » du papier que les traits du pinceau peuvent recréer avec grâce et sincérité des montagnes, des rivières, des arbres ou des bambous. Cette fécondité du vide est au cœur du Dao De Jing et de toute la pensée taoïste.
L'inutilité sociale, l'absence de qualités effectives qui est présence en puissance de toutes les qualités possibles, la vacuité d'un cœur libéré de tout soucis mondains, sont les aspirations les plus courantes de la voie taoïste. On peut se retirer du monde pour s'en approcher, mais ce n'est ni nécessaire ni suffisant. Pour réaliser cette libération, pour « trouver la Voie », un des moyens possible est l'utilisation des paradoxes. Ils sont très nombreux dans le Dao De Jing et frisent souvent la provocation : c'est sans sortir de chez soi qu'on connaît le monde, c'est en ne sachant pas qu'on sait, c'est quand on agit le moins que son action est la plus efficace, etc. Le but de ces paradoxes est de briser la pensée conventionnelle, de détacher des liens logiques, voire de casser les significations des mots et d'inverser leurs valeurs.
Il faut éviter de rapprocher le taoïsme philosophique du subjectivisme, car le sujet pensant (le je), loin d'être placés au centre de perspective du monde, est considéré comme une ultime contrainte faisant écran avec la Nature et la spontanéïté. Le taoïsme n'est pas non plus un relativisme intégral : seules les valeurs sociales sont rejetées comme artificielles et les valeurs propres à la vie sont recherchées, ainsi la souplesse, l'agilité, la disponibilité, la fertilité.
Prenant souvent à contre-pied une pensée confucianiste déjà instituée en doctrine rigide, les penseurs taoïstes se sont moqués allégrement de certains dogmes de leurs adversaires. Ils ont surtout cherché à dépasser des débats parfois trop terre-à-terre à leur goûts, et énoncent dans ce but un certain nombre de paradoxes qui inversent les priorités ou bien vont à l'encontre du sens commun, ainsi : la faiblesse est plus forte que la force, la stupidité marque l'intelligence suprême, ou la civilisation est une décadence.
La civilisation comme maladie
Alors que la plupart des personnages de la mythologie chinoise sont des héros civilisateurs, qui ont donné aux hommes des inventions telles que l'agriculture, l'irrigation, la médecine ou l'écriture, le taoïsme s'oppose radicalement à l'invention et à la technique, ce trait proprement humain. Pour l'illustrer, une parabole de Zhuang Zi met en scène un paysan taoïste qui, bien que connaissant l'usage du chadouf (qui lui économiserait beaucoup de temps et d'énergie pour arroser ses champs), aurait « honte de s'en servir » parce que cette technique artificielle va à l'encontre de la nature. Allant dans le même sens, un paragraphe du Dao De Jing (DDJ CXXX) propose un « retour aux cordes nouées » (ancêtres des systèmes d'écriture). Ce même texte va plus loin : des villageois ne rencontrent pas de toute leur vie les villageois du hameau qui est à portée de vue. Si l'on suit cet enseignement, la société proposée par Lao Zi comme idéal de simplicité est une constellation de villages autonomes sans liens entre eux et des humains sans curiosité ni pour les outils permettant de leur faciliter la vie, ni même pour le monde extérieur.
On oublie souvent que le Dao De Jing est aussi un livre écrit à l'usage du Prince, un recueil de maximes de gouvernement, dont la plupart sont radicalement incompatibles avec les idées de progrès social et de démocratie. Ainsi Lao Zi propose explicitement qu'on rende le peuple ignare, qu'on ne lui explique jamais les mécanismes du pouvoir auxquels il est soumis, qu'on le traite comme ces « chiens de paille » brûlés lors des sacrifices. Éduquer le peuple, c'est créer les conditions du chaos social, nous dit-il. En cela l'opposition avec les idées de Confucius, cet éducateur inlassable, cet activiste impénitent, est des plus marquées. Faute de contexte historique suffisant, on peut difficilement rendre compte de la doctrine politique de Lao Zi, ni même si elle existait vraiment, mais il ne faut pas oublier qu'on s'est parfois servi de quelques-uns de ses aphorismes pour justifier le totalitarisme en Chine et ailleurs.
Divinités taoïstes
- Dieu taoïste ;
- Bei Di (北帝), l'empereur du Nord ;
- Nüwa (chinois traditionnel : 女媧; chinois simplifié : 女娲, Pinyin : nǚwā), créatrice de l'humanité ;
- Pangu (盤古;pinyin : pán gǔ) ;
- Yu Huang (玉皇 Pinyin: Yù Huáng or 玉帝 Yù Dì), l'Empereur de Jade.
Laissez-faire
Yu Huang]
Une autre idée politique souvent mise en avant dans le Dao De Jing est celle du « laissez-faire ». Si on « laisse faire » la nature et ses dix mille êtres, ils croissent et se multiplient. Si on ne cherche pas à gouverner les hommes, ils s'auto-organisent spontanément de la meilleure façon possible. Cette idée qui peut sembler libertaire doit être remise en contexte. D'un côté, elle se fonde sur l'antique croyance chamanique d'une action efficace du Prince par le jeu des correspondances entre les microcosmes et le macrocosme. Ainsi le simple fait pour celui qui dispose du Mandat du Ciel de décrire dans sa maison la suite des saisons en déménageant régulièrement d'une salle à l'autre, assure que la pluie viendra à son heure féconder les champs, que l'hiver durera le temps voulu, etc. L'inaction apparente n'empêche pas l'action effective. Si la circulation saisonnière dans sa maison assure la bonne marche de l'empire, c'est parce qu'il y a « résonance » et effet d'entraînement — ou d'engrenage — entre la maison du Prince et son empire. C'est-à-dire que la maison du Prince est conçue comme une représentation homothétique du monde. D'ailleurs, les éclipses, famines ou inondations sont interprétées aussitôt comme un dérèglement des mœurs dans la maison du Prince. D'autre part, cette idée d'une inaction efficace a pu être prônée par des penseur plus rationnels, quand ils souhaitaient contenir les caprices des princes et limiter leurs dégâts sur le peuple.
Le « laisser-faire » ou wu-wei, au sein de l'individu, a une grande portée et le taoïsme s'attache à cultiver l'efficacité particulière qui découle de l'absence d'intentions. L'activité de certains artisans est minutieusement décrite par Zhuang Zi. Il montre un boucher ou un charron qui ont acquis la plus grande maîtrise de leur art après des années d'apprentissage, mais surtout après ils peuvent oublier l'objet qu'ils travaillent. Ils laissent les gestes, donc leur corps, opérer seul, sans le moteur de la volonté. On rencontre tous les jours des situations qui montrent que le vouloir peut interférer avec l'action du corps et produire des œuvres ratées. Une part d'« inconscience » est souvent nécessaire pour peindre, écrire, sculpter, chanter. Qui veut bien faire n'arrive au mieux qu'au médiocre. Pour un créateur, aspirer au Beau ne conduit souvent qu'à des œuvres qui sentent la sueur et la colle. Voilà un des paradoxes humains des plus fertiles décelés par le taoïsme, et tout l'art chinois, ainsi que sa critique, s'en ressentent.
Influences
Outre son influence majeure sur l'art de l'extrême-orient (toujours redécouvert en occident et toujours à redécouvrir), le taoïsme a profondément influencé des domaines aussi variés que la médecine, la politique, la religion populaire, le bouddhisme chinois, l'art des jardins, la cuisine et la vie sexuelle (considérées souvent comme parties de la médecine), les arts martiaux, la philosophie, la littérature, etc. Aujourd'hui, après un demi-siècle de répression en Chine populaire parce que ses manifestations étaient considérées comme des superstitions féodales par les communistes, le taoïsme est à nouveau considéré comme un élément fondamental de sa culture dans son pays d'origine. Par ailleurs, son influence s'étend jusqu'en Occident et nourrit les discussions sur l'esthétique, l'écologie, devient même un ferment pour de nombreuses nouvelles formes de spiritualité.
Part constitutive avec son pendant confucianiste de la culture de la civilisation vivante la plus âgée, ayant contribué à façonner un peuple qui représente aujourd'hui un bon quart de l'humanité, mais ayant aussi été réprimé par les courants de pensée qui lui disputaient l'oreille du peuple ou des princes, le taoïsme suit ses propres préceptes : fluide comme l'eau, vieux comme la mer, difficile à fixer dans des mots, impossible à enfermer dans une catégorie, particulièrement rétif à la systématisation, il imprègne et fertilise tout ce qu'il touche et réapparait où on ne l'attendait pas.
Le taoïsme s'est construit au fil des siècles en s'adaptant aux courants de pensée et religions ultérieures. Il n'y a pas de doute par exemple que les pratiques taoïstes ont été façonnées en partie par les pratiques yoguiques hindoues (bien qu'il est difficile de savoir exactement le degré et la direction de cette influence) et que l'éthique taoïste, quoique toujours très imprégnée de la philosophie antique, s'est progressivement teintée de la pensée bouddhiste. Ce fut le cas dès lors que les idées bouddhistes pénétrèrent durablement la Chine (dynastie Sui et Tang pour le bouddhisme tantrique et Chan).
Voir aussi
Quelques taoïstes légendaires ou historiques
- l'Empereur Jaune (Huáng Dì)
- Kuo Hsiang
- Yang Hsiung
- Wang Pi
- Lie Zi
- Huainanzi
- Ho Yen
- Lao Zi (老子, Lao Tseu)
- Zhuang Zi (Tchouang Tseu)
- Zhang Daoling
- Ge Hong
- Wei Boyang
- Wei Huacun
- Tao Hongjing
- Sima Chengzhen
- Chen Nan
- Zhang Boduan
- Wang Chongyang
- Qiu Chuji
- Ma Danyang
- Zhang Sanfeng
- Wang Changyue
- Chen Yingning
Bibliographie
Étant si différent de nos schémas mentaux, le taoïsme sert parfois de véhicule ou de justification à des idées simplistes ou fumeuses, qui auraient sans doute bien fait rire ses fondateurs. Quelques livres permettent cependant de l'approcher sans trop se fourvoyer.
- Philosophes taoïstes (Lao Zi, Zhuang Zi et Lie Zi), Gallimard, présenté par Etiemble ;
- Marcel Granet, La Pensée Chinoise ;
- Feng Youlan, Précis d'histoire de la philosophie chinoise ;
- H.-G. Creel, La pensée chinoise de Confucius à Mao Tseu-tong ;
- Henri Maspéro, Le taoïsme et les religions chinoises, Gallimard, 1990 ;
- Max Kaltenmark, Lao Tseu et le taoïsme ;
- La Voie métaphysique, Matgioi, Éditions traditionnelles ;
- La Voie rationnelle, Matgioi, Éditions traditionnelles ;
- René Guénon, Aperçus sur l'ésotérisme islamique et le taoïsme, Gallimard ;
- François Jullien, Nourrir sa vie : À l'écart du bonheur, Seuil, 2005 ;
Liens externes
- [http://sanyuan.aftao.com/docs/intro.htm Le taoïsme] ;
- [http://www.onelittleangel.com/sagesse/religion/taoisme.asp Citations de saints, théologues, poètes et philosophes, notamment taoïstes] ;
- [http://atheisme.free.fr/Contributions/Taoisme.htm Le taoïsme philosophique] ;
- [http://www.tao-yin.com/ L'univers des Arts Classiques du Tao] ;
- [http://www.cect-sanyuan.org/docs/courants.htm Les courants taoïstes].
Dào Dé Jīng
- [http://taoteking.free.fr/ Dào Dé Jīng] ;
- [http://zhongwen.com/dao.htm Dào Dé Jīng en chinois (images)] ;
- [http://afpc.asso.fr/wengu/wg/wengu.php?l=Daodejing Le Dào Dé Jīng en chinois et en français] ;
- [http://un2sg4.unige.ch/athena/html/author_l.html Dào Dé Jīng].
-
Catégorie :Spiritualité
ja:道教
ko:도교
ms:Taoisme
zh-min-nan:Tō-kàu
Philosophie ko:철학 ms:Falsafah ja:哲学 simple:Philosophy th:ปรัชญา
Le mot philosophie désigne tantôt une discipline théorique (ouvrage philosophique, cours de philosophie...), tantôt un système de pensée ou de croyances (la philosophie confucianiste, la philosophie marxiste...), tantôt, de façon plus familière, un état d'esprit ("Untel a fait preuve de philosophie"). Ce dernier sens du mot est plus proche de la notion de sagesse que de celle de philosophie.
Généralités
En tant que discipline théorique, système de pensée ou plus généralement, en tant qu'activité et produit de l'esprit, la philosophie se conçoit comme un questionnement paradoxal : bien qu'orienté vers la recherche du vrai et de l'universel, il s'opère dans la conscience de ne pas pouvoir atteindre ce degré ultime de connaissance. La philosophie, contrairement aux sciences de la nature, n'engendre pas de vérités immuables. Elle ne fait qu'aider l'homme à se comprendre lui-même au travers d'un cheminement intellectuel qui s'avère moins fructueux par ses résultats que par son existence même et ses modalités. Pour le philosophe autrichien Karl Popper, le problème philosophique véritable est celui qui engendre de nouveaux problèmes.
L'absence de vérités philosophiques tient au caractère insoluble des problèmes qu'aborde la philosophie. Ces problèmes sont articulés autour de concepts, c'est-à-dire d'objets théoriques permettant d'interroger et de manipuler dans l'abstraction, par le biais de liens logiques, des éléments de l'expérience humaine. Les concepts au cœur des questionnements et théories philosophiques sont, entre autres :
- l'existence,
- le temps,
- la connaissance,
- la vérité,
- le sujet,
- autrui,
- la justice,
- l'art...
L'interrogation philosophique la plus classique consiste à se saisir d'un mot couramment employé mais dont le sens paraît vague et complexe, et de tenter de saisir les contours du ou des concepts qu'il désigne. "Qu'est-ce que l'homme ?", "Qu'est-ce que la justice ?", "Qu'est-ce que la connaissance", etc., sont des questionnements typiquement philosophiques.
Cependant la philosophie se déploie en une infinité de problèmes et de sous problèmes qui ne concernent pas seulement des concepts uniques mais aussi des articulations de concepts ou encore la recherche de principes de pensée et d'action. Elle connaît de nombreuses subdivisions parmi lesquelles on peut citer la métaphysique, la morale ou l'éthique, la philosophie politique, la philosophie de la connaissance, l'épistémologie, la philosophie de l'art ou esthétique, etc.
Si la philosophie s'attache principalement à des problèmes éternels, elle n'est pas pour autant statique. En effet, elle se nourrit du réel, de l'évolution des sociétés et de l'avancement des sciences. Les changements du monde sont l'occasion d'un renouvellement permanent du questionnement philosophique.
esthétique
Étymologie
La philosophie (philo-sophia, φιλοσοφία) est l'amour ou le goût de la connaissance, de la sagesse, du savoir, du grec philein (aimer), et sophia (connaissance, savoir, sagesse). Le mot s'interprète donc comme « quête de la sagesse ou de la connaissance », le verbe philein pouvant avoir non seulement le sens d'aimer, mais aussi celui d'apprécier ou de chercher. En ce sens, le philosophe s'oppose au sophiste (au sens péjoratif donné par Platon), qui prétend déjà détenir la sophia, ou au croyant des diverses religions.
Diogène Laërce, dans sa Vie des philosophes affirme qu'en ce qui concerne la philosophie les Grecs auraient inventé non seulement la chose, mais également le mot.
Ce mot, selon certaines sources, aurait été forgé par Pythagore, qui refusait de se considérer comme un sage (sophos) car la possession de la connaissance, i.e. la connaissance des principes et causes des choses humaines et divines, est le privilège des dieux. Il préférait être appelé « amoureux de la connaissance » (philosophos), c'est-à-dire amoureux des réalités divines. Avant Pythagore, on appelait sophoi ceux qui cherchaient à connaître les réalités divines et humaines, sans que ce mot soit péjoratif. Il y a donc, à l'origine de la philosophie, d'un côté ceux que l'on appelle les sages (Thalès de Milet, etc.), et de l'autre ceux qui furent appelés philosophes.
L'étymologie nous apprend ainsi au moins deux choses :
- D'une part, la philosophie concerne initialement la connaissance, elle est une activité intellectuelle qui consiste à cultiver ses facultés et à acquérir une vue aussi objective que possible du monde ; la philosophie classique ou moderne confirme cela.
- d'autre part, la philosophie a aussi une finalité morale et pratique : elle est un art de vivre, et le philosophe qui vit selon la raison, selon une conception classique de la morale, s'efforce de vivre en sage et de suivre le bien pour atteindre le bonheur par le biais de l'ataraxie. On mesure mal aujourd'hui l'importance de cet art de vivre qui faisait souvent comparer le philosophe à un dieu mortel, à un dieu vivant parmi les hommes (c'est le cas, par exemple, chez des philosophes aussi différents que Platon, Aristote, Epicure et Sénèque). Cet aspect pratique a considérablement évolué, et est aujourd'hui étudié en philosophie politique, en philosophie de l'action et en éthique.
Spécificité de la philosophie
Une bonne méthode pour déterminer le sens d'un concept peut être de rechercher ce que ce concept n'est pas. Or, science, philosophie, mythes et religions ont une triple ambition commune : décrire, expliquer, justifier. Il importe donc d'examiner en quoi ils se distinguent.
Philosophie, mythes et religion
Le mythe et la philosophie ont un point commun : ce sont des explications cohérentes du monde. Le mythe est un récit fabuleux qui décrit l'origine du monde, de l'homme, de la société. Les philosophes s'interrogent également sur ces problèmes. Mais il y a des différences :
- la philosophie se veut fondée sur une connaissance rationnelle ; le mythe a par contraste un caractère merveilleux, inexplicable même du fait des causes qu'il invoque, comme les forces surnaturelles ;
- la philosophie suppose que l'on n'adhère pas à une doctrine par la seule foi et encore moins par superstition ; la croyance au mythe fait l'économie de la notion de preuve, ou bien en présente qui n'entraînent pas de conviction universelle (sinon on ne le considèrerait plus comme mythe, mais — à tort ou à raison — comme réalité) ;
- la philosophie cherche à expliquer les phénomènes observés par des causes naturelles ; le mythe recourt souvent à des explications surnaturelles.
Philosophie et science
- voir article détaillé Philosophie et science
Lorsqu’il est question du rapport de la philosophie avec les sciences, la philosophie est couramment qualifiée de « mère de toutes les sciences ». Cette optique relève d’une considération quant à l’histoire des idées, où la philosophie apparaît en quelque sorte comme un lieu d’émulation, propre à l’émergence de disciplines appelées à acquérir leur autonomie. Ainsi, par exemple, on remarque qu’alors qu'Isaac Newton désignait encore ses travaux sous l’appellation de philosophie (son maître ouvrage de 1687 portant le titre de Philosophiae Naturalis Principia Mathematica), les développements en ce domaine appartiennent maintenant au domaine de la physique. De même, pour n’évoquer que quelques exemples supplémentaires, c’est de travaux et recherches en philosophie que sont issues, à la fin du , des disciplines comme la sociologie et la psychologie ; tout comme la gérontologie s’est, quant à elle, forgée en tant que discipline (se rattachant maintenant en partie à la psychologie) seulement dans la seconde moitié du , sous l’impulsion de travaux et recherches en philosophie.
Cela signifie-t-il pour autant que la philosophie ne serait que le balbutiement des sciences ? Qu’elle ne serait en quelque sorte qu’une manière de désigner les disciplines n’ayant pas encore « abouti » ? Il existe bien sûr plusieurs positions théoriques à cet égard, mais avant même de s’y attarder, il faut noter qu’une attention aux milieux de la recherche fondamentale révèle que... (suite dans l'article détaillé Philosophie et science).
Origine de la philosophie
- Voir article détaillé origine de la philosophie
Pourquoi et comment des hommes se sont-ils mis à la philosophie ? Que signifie l'apparition de la philosophie dans l'histoire humaine, et peut-on affirmer que certaines civilisations se soient plus préoccupées de constituer un discours philosophique que d'autres ?
Il se peut que le besoin d'exploration intellectuelle soit lié à un désir commun aux mammifères prédateurs et à tous les primates de connaître aussi profondément qu'ils le peuvent leur environnement. Mais en expliquant l'origine de la philosophie (et par conséquent ses exigences de rationalité ou de sagesse, par exemple) dans une telle perspective, on s'en tient à un niveau explicatif en termes strictement motivationnels – génétiques, neurobiologiques, etc. –, généralement applicable aux activités humaines. Il appert plus fructueux, pour une compréhension de l'activité philosophique elle-même, d'examiner plutôt son avènement en retraçant les grandes lignes de son origine historique, ainsi que les interprétations de ses origines en termes proprement philosophiques.
L'origine historique de la philosophie est mal connue. On considère généralement que le premier philosophe est Thalès de Milet, mais ce philosophe de la nature était peut-être d'origine phénicienne, et son savoir laisserait donc supposer une tradition philosophique bien plus ancienne. Ce qui est certain, c'est que la philosophie naît sous l'influence de la science égyptienne (géométrie), du savoir phénicien (arithmétique), et de courants religieux variés, venus par exemple de Mésopotamie et de l'Inde. Bien d'autres influences ont été supposées, mais il est dans l'ensemble très difficile de faire la part des choses. Il faut remarquer également que les premiers philosophes... (suite dans l'article détaillé origine de la philosophie).
Trois conceptions de la philosophie
- Voyez les articles Philosopher et Philosophe pour plus de détails.
Il est possible de distinguer à partir de ce qui précède trois conceptions de la philosophie :
- une partie réflexive de la philosophie : l'exercice de la raison en tant qu'activité d'évaluation et de critique des arguments ;
- un savoir philosophique : par la détermination de concepts et d'outils mentaux pour comprendre l'homme et le monde ;
- une partie pratique, la sagesse, qui doit faire l'unité du penser et de l'agir (de l'entendement et de la volonté) ;
Critiques de la philosophie
La philosophie a été critiquée dès sa naissance. Certaines critiques sont extérieures au discours philosophique (par exemple, les critiques du sens commun), d'autres lui sont internes (critiques des philosophes entre eux). Mais toute critique peut faire l'objet d'un examen philosophique ; on ne peut d'ailleurs concevoir de philosophie sans critique.
Voir article détaillé : Critiques de la philosophie
Articles de philosophie
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Annexes
- Programme de philosophie en classe terminale en France
- Dérivés du mot philosophie
- Traduction du mot philosophie
- Expressions dans la langue courante.
Bibliographie générale
- Apologie de Socrate, Platon
- Phédon, Platon
- Le Banquet, Platon
- Théétète, Platon
- La République, Platon
- La Métaphysique, livre A, Aristote
- La Politique, Aristote
- Éthique à Nicomaque, Aristote
- Lettres, Épicure
- Protreptique, Jamblique
- Discours de la méthode, Descartes
- Le Leviathan, Thomas Hobbes
- L'Éthique, Spinoza
- Enquête sur l'entendement humain, David Hume
- Le Contrat Social, Jean-Jacques Rousseau
- Critique de la raison pure, Emmanuel Kant
- Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche
- Être et Temps, Martin Heidegger
- L'existentialisme est un humanisme, Jean-Paul Sartre
- L'être et le néant, Jean-Paul Sartre
- Éléments de philosophie, Alain
- Introduction à la philosophie, Karl Jaspers
- Éloge de la philosophie, Merleau-Ponty
- Problèmes de philosophie, Bertrand Russell
- Grandeur et misère de la modernité, Charles Taylor (philosophe)
Cours de philosophie
- Cours de philosophie, Émile Durkheim
- Cours de philosophie, Armand Cuvillier
Dictionnaires, encyclopédies
- Vocabulaire philosophique, Armand Cuvillier
- Vocabulaire technique et critique de la philosophie, André Lalande
- Notions de philosophie, sous la direction de Denis Kambouchner (panorama de grandes notions)
- Encyclopédie Philosophique Universelle en six volumes sous la direction d'André Jacob - éd.PUF (1992)
- Vocabulaire Européen des Philosophies - Dictionnaire des Intraduisibles sous la direction de Barbara Cassin - éd.Seuil-Le Robert (2004)
Histoire
- Histoire de la philosophie, Emile Bréhier (P.U.F.)
- Histoire de la philosophie, François Châtelet
- Les grands philosophes, Karl Jaspers
- Histoire de la philosophie, Y. Belaval (Gallimard).
Méthode
- Méthodologie philosophique, J.J. Wunenburger, D. Folscheid et P. Choulet
- Introduction aux techniques de la philosophique - L'idée de justice, G. Boss (Grand Midi)
Voir aussi
- Philosophe
- Philosopher
Catégorie:Philosophie
Chine:Cet article concerne la civilisation chinoise. Voir les articles République Populaire de Chine et Taiwan (République de Chine) pour les États modernes correspondant au terme « Chine ». Taiwan (République de Chine)
La Chine (中国/中國 Zhōngguó, Wade-Giles: Chung-kuo, EFEO : Tchong-kouo ; litt. « Pays du Milieu ») recouvre un ensemble de pays et de cultures s'étant succédés en Asie orientale depuis 4000 ans. Aujourd'hui, la Chine peut être considérée, selon les points de vue, comme une seule civilisation ou un ensemble de civilisations diverses. De même, il peut s'agir d'une nation ou de plusieurs nations distinctes.
La Chine est la plus vieille civilisation existant encore actuellement ; son histoire s'est caractérisée par une suite de divisions et de réunifications, de guerres et de paix, sur un territoire changeant. Pendant des siècles, la Chine a également été une des civilisations les plus scientifiquement avancées, et son influence est présente encore aujourd'hui dans de nombreux pays d'Asie. C'est aujourd'hui le troisième pays du monde en superficie, et le premier pays par sa population : un humain sur cinq est chinois.(population résidente seulement)
La dernière dynastie impériale chinoise Qing a connu sa période de déclin durant la phase d'expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays a la ruine après les guerres de l'Opium. Ce n'est qu'après la victoire contre l'armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se constituer comme nation.
Politiquement, deux États distincts prétendent détenir la souveraineté sur la Chine. Ce qu'il est d'usage d'appeler la « Chine continentale » est dans la pratique administrée par la République Populaire de Chine, fondée par le leader communiste Mao Zedong en 1949 à Pékin, après une victoire militaire rejetant sur l'île de Taiwan le leader nationaliste Tchang Kaï-chek et le gouvernement de la République de Chine, fondée en 1912 par Sun Yat-sen sur les décombres de l'Empire Chinois de la dynastie des Qing.
Aujourd'hui, la Chine, au sens restrictif ou large du terme, est l'objet d'une fascination pour le reste du monde ; son développement économique, engagé en 1978 par les réformes de Deng Xiaoping et ses successeurs, en font aujourd'hui un des principaux acteurs économiques et géopolitiques mondiaux.
Présentation
La Chine n'est pas « un pays » au sens nationaliste étroit du terme, la Chine est un concept d'universalité, une façon d'accomplir l'humanité, un intermédiaire entre l'homme et l'harmonie cosmique. (Simon Leys, Essais sur la Chine, p. 532)
La Chine est avant tout la très longue histoire d'un peuple, de sa très riche culture, de sa langue et de son écriture si particulière, de sa pensée qui continue aujourd'hui d'intriguer les occidentaux. Si ceux qui s'intéressent à tel ou tel aspect de la Chine, comme les arts martiaux, la calligraphie ou même la cuisine, sont de plus en plus nombreux, cet « Empire Céleste » si lointain et différent reste souvent difficile à comprendre. La « réalité chinoise » échappe à de nombreux observateurs occidentaux, aujourd'hui comme à l'époque de sa découverte par les premiers missionnaires. Dans la seconde moitié du XX siècle, les nombreuses querelles idéologiques autour du maoïsme et de la Révolution culturelle n'ont pas contribué à éclaircir les débats. Aujourd'hui la Chine est dans une période d'ouverture et de développement économique accéléré. Même si de nombreux problèmes restent à résoudre, il semble que les réformes en cours aient permis au peuple chinois de déployer son industrie et que sa puissance soit désormais comparable à celle des grands pays occidentaux. Elle est aujourd'hui souvent qualifiée d'« usine du monde » et des études ont montré que le panier de la ménagère française, dans sa partie non alimentaire, contenait pour moitié des produits fabriqués en Chine.
Géographiquement, la Chine a progressivement atteint depuis la dynastie fondatrice des Qin en 221 av. J.-C. les proportions d'un continent. Son histoire est rythmée par des mouvements d'unifications suivis de désintégration, les longues périodes de stabilité correspondant aux grandes dynasties étant entrecoupées et reliées par des périodes de division et de chaos. C'est cependant la continuité de sa culture et sa relative unité politique qui font dire aujourd'hui que ce serait la plus vieille civilisation vivante du monde. Une de ses caractéristiques fondatrices est probablement le culte de la chose écrite, qu'on peut faire remonter aux pratiques oraculaires de la scapulomancie et au Livre des Mutations, et qui irrigue toute l'activité intellectuelle. Sur la pensée de Confucius, Maître éducateur, et sur celle de ses disciples Mencius et Xunzi, le confucianisme a été fondé, puis utilisé comme doctrine d'État par la plupart des empereurs qui se sont succédé sur le trône. D'autres courants de pensée et d'autres personnages ont contribué à informer la culture chinoise, ainsi Lao-tseu et le taoïsme, le bouddhisme, le néo-confucianisme et jusqu'au marxisme plus récemment. Les importants apports extérieurs du bouddhisme ou du marxisme montrent que, contrairement à une idée reçue, la Chine ne s'est isolée du reste du monde que pendant une courte partie de son histoire.
La culture chinoise est toutefois marquée par une profonde originalité qui la rend à la fois attirante et difficile d'accès. Souvent obscure et incomprise, difficile à interpréter et à analyser, elle fait encore trop souvent office de miroir des craintes ou des espoirs fantasmatique des occidentaux. Pourtant, l'« expérience humaine » chinoise, qui s'est confrontée aux mêmes problèmes que les autres, est d'une ampleur et d'une richesse telles qu'on ne peut pas la tenir pour quantité négligeable. Pour paraphraser Simon Leys, cité en exergue, la Chine est une autre façon d'accomplir la même chose : l'humanité.
Noms
Les chinois ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays.
Le plus courant aujourd'hui est 中国 (Zhōngguó, prononcé /tʂuŋkwo/). 中 (Zhōng) désigne le centre, l'axe, le milieu, intermédiaire, et représente une ligne traversant un carré en son milieu. 国 (Guó) désigne le pays, la nation, et représente le jade (c'est-à-dire la richesse) entouré de frontières. Le caractère Guó en graphie traditionnelle 國 représente un territoire 口 défendu par un mur 一 et des armes 戈. Ce terme a eu à l'origine un nombre de sens plus restreints, et s'est élargi ultérieurement pour désigner l'ensemble du territoire chinois.
Wang Er-min (王爾敏), historien de l'Academia sinica, a recensé les sens de l'expression dans les textes pré-impériaux ; il en a identifié cinq, les trois plus fréquents étant, par ordre décroissant :
région occupée par les Hua ou les Xia (ou Huaxia), premier peuple chinois selon la tradition ; territoire délimité ; ville principale, cité.
Les deux autres sont : pays situés au centre et pays égaux entre eux, désignant essentiellement les principaux pays de l'époque des Royaumes combattants.
Néanmoins, Zhongguo n'entra jamais dans l'appellation officielle de l'entité politique gouvernant le territoire chinois. On employait autrefois le nom de la dynastie, celui des Qin (秦) ayant donné le mot Chine et le préfixe Sino- après être passé à travers de nombreuses langues le long de la route de la soie pour atteindre finalement l'Europe. Les fondateurs du royaume chinois de Liao, ainsi que Diego Barbosa (1516) et Garcia da Orta (1563) mentionnent le mot Chine.
Lorsqu'ils envisagèrent l'établissement d'une république, Sun Yat-sen et ses compagnons ne voulurent pas reprendre le terme Zhongguo, pourtant courant, car il était employé par les puissances impérialistes occidentales ; il voulaient encore moins de Shina (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu'on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那).
Ils choisirent de combiner zhong avec hua (華chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme hua, qui peut aussi se lire comme "magnifique", est un des éléments de Huaxia (華夏), terme qui désigne dans les écrits des Royaumes combattants les premiers Chinois, "les tribus de Huang di et de Yan Di". Qian Mu (錢穆), historien, considère qu'il s'agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan, Xia l'ancien nom de la rivière Han (漢水). D'autres historiens pensent que l'ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l'histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est "peint", du fait que ses membres se tatouaient.
Le terme Zhonghua fut mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à Hawaï dans un discours. Il est inclus dans les appellations de la République de Chine et de la République populaire de Chine.
Dans les œuvres anciennes de la philosophie et de la littérature chinoise, on trouve souvent la métaphore 天下, tiānxià, qui veut dire sous le ciel et désigne aussi la Chine. Selon Marcel Granet, ce mot est chargé de la connotation suivante : le ciel étant rond et la terre carrée dans la cosmogonie chinoise, les quatre coins de la terre qui ne sont pas couverts par le ciel (ni donc circonscrits par les cycles du soleil et les pérégrinations de l'empereur) sont conçus comme des territoires incultes peuplés d'êtres non civilisés. 天下 désigne donc la partie civilisée de la terre.
Zhongguo et Tianxia sont parfois traduits en Empire du Milieu et Céleste Empire dans les ouvrages littéraires occidentaux anciens.
Marco Polo avait donné deux noms à la Chine : la Chine du Nord est appelée Cathay (nom qui vient de Kithan) alors que la Chine du Sud est désignée sous le nom de Manzi ou Manji. "Kithan" est à l'origine du nom en russe de la Chine : Китай. La Chine a également été identifiée à la "Sérica", lieu d'origine de la soie selon les Romains.
Aujourd'hui, le mot "Chine" fait généralement référence a Chine continentale (中國大陸,zhōngguó dàlù en mandarin), ou parfois à la République Populaire de Chine, Hong-Kong et Macao inclus, plus rarement encore a la RPC et Taiwan, qui correspond alors à la zone économique de la "Grande Chine" (大中華地區).
La traduction la plus courante de "Chinois" est Zhongguoren (中國人), "personne de Chine". Néanmoins, on lui préfère souvent Huaren (華人) pour les Chinois d'Outre-mer, terme qui a remplacé Tangren (唐人), "personne de la dynastie Tang", que s'étaient donné les immigrants chinois d'Asie et d'Amérique (pourtant arrivés sous les Ming), du fait du prestige de cette dynastie. Hanren (漢人), "personne de la dynastie Han" distingue les Chinois proprement dit des autres nationalités de Chine.
Histoire
Voir les articles détaillés : Histoire de la Chine, Histoire de la République populaire de Chine et Chronologie de la Chine
"合久必分,分久必合" : "[La Chine] unie se désagrégera ; dispersée, se recomposera"
(Histoire des Trois Royaumes)
La Chine est un foyer majeur de civilisation. Elle est devenue dès la fondation de l'empire par la dynastie des Qin une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques.
Durant deux millénaires, la Chine a subi l'influence alternée de forces centrifuges et centripètes. Lorsque le pouvoir central de l'empereur se délitait et que la cour était la proie des factions rivales et des intrigues, que l'administration ne pouvait plus remédier aux famines et aux catastrophes naturelles et qu'elle ne parvenait plus à contenir la pression des « barbares » qui opéraient de vastes razzias dans les régions frontalières, des mouvements de révolte de paysans affamés déchiraient le pays, des sectes millénaristes voyaient le jour, et les provinces lointaines se retrouvaient sous la coupe de chefs de guerre ne reconnaissant plus l'autorité de l'empereur. Enfin, ceux-ci se proclamaient eux-mêmes Fils du Ciel, divisant l'empire en royaumes rivaux se livrant à des guerres incessantes et montrant ainsi que l'empereur avait perdu le Mandat du Ciel. Quand un chef de guerre, parfois issu de la paysannerie comme Zhu Yuanzhang, le fondateur des Ming, se révélait plus habile que les autres et parvenait à reprendre le contrôle de l'intégralité du pays, on considérait qu'il avait reçu un nouveau Mandat du Ciel et qu'il pouvait fonder une nouvelle dynastie. En près de deux millénaires, plusieurs royaumes furent fondés sur le territoire chinois par des ethnies non-Han ou mixtes, et deux grandes dynasties sont d'origine étrangère : celle des Yuan, mongole, et celle des Qing, mandchoue.
Sous les Han, les Tang, les Song, les Ming et les Qing (dynastie mandchoue) le pays connut de longues périodes de paix. A l'exception des Qing, ces dynasties correspondent à des périodes de prospérité pendant lesquelles on peut considérer que la Chine était le plus grand, le plus stable et le plus riche État du monde.
Même pendant les périodes d'unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l'étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l'échelle d'un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l'emploi d'une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents.
L'essor de la Chine moderne
écriture
Lors de la Révolution Industrielle initiée en Angleterre, la Chine des Qing se ferma aux influences étrangères : cela a sans doute contribué, dans un contexte d'internationalisation des échanges et de colonialisme, à son déclin économique et technologique. Suite aux guerres de l'opium (1839-1842), les Traités inégaux forcèrent l'empire Qing à diviser son territoire en zones d'influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l'Allemagne, par exemple, occupait le Shandong, la France le Yunnan. L'économie du pays, axée sur le commerce de l'opium, fut ruinée, son autonomie politique abolie de facto.
En 1851 commença la rébellion des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l'armée des Taiping fut défaite en 1864, avec l'appui des troupes franco-britanniques.
Lors de la première guerre sino-japonaise (1894 -1895), le Japon vainquit les troupes impériales, et obtint l'île de Taiwan et les îles Penghu a travers le traité de Shimonoseki. En 1898, la Grande-Bretagne obtint une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). La Grande-Bretagne, la Russie, le Japon, la France, l'Allemagne et la Belgique tirèrent parti de l'état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d'influence.
Sous la pression d’intellectuels et hommes politiques progressistes, la république est décidée en 1911 et proclamée en 1912 par Sun Yat-sen ; le dernier empereur, Pu Yi, abdique. Yuan Shi-kai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l’Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation.
En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d’assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l’académie de Huangpu, et forme son successeur, Chang Kai-chek. A la mort de Sun Yat-sen en 1925, celui-ci mène avec succès l’Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié Nord du pays. En avril 1927, il proclame l’établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la République de Nankin. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l'armée du Guomindang : le parti a le contrôle nominal de l’ensemble du pays, et obtient une reconnaissance internationale.
Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise du Jiangxi. Fin 1934, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), parvenant à rallier au fur et à mesure environ 100 000 hommes. Fin 1935, il se fixe avec eux à Yan'an. En 1932, le royaume fantoche de Manchukuo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Guomindang. La deuxième guerre sino-japonaise se préparait. Menacé par l’occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s’allia aux communistes contre l'envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en 1937, la lutte anti-japonaise fortifia cette alliance jusqu’en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes reprirent épisodiquement.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis accordèrent une aide financière massive au Guomindang dans le cadre de l’effort de guerre anti-japonais ; les traités inégaux furent abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta autorisa l’Union soviétique, avec l’accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l’armée japonaise de Mandchourie.
En 1947, l’aide américaine, s’avérant inefficace, pris fin. En 1948, les troupes du Guomindang étaient démoralisées, épuisées par la guerre anti-japonaise et la corruption du parti nationaliste. Après son installation à Yan’an, Mao Zedong avait entrepris d'appliquer les principes marxistes-leninistes à la gestion des territoires qu'il occupait, menant une guerilla paysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin fut prise sans combat par l’Armée populaire de libération ; elle redevint capitale de la Chine sous l'appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes tombèrent sans grande résistance aux mains des communistes.
Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République Populaire de Chine à Pékin. En décembre, Chang Kai-chek proclamait Taipei capitale provisoire de la République de Chine.
Territoire
Pour les régions administratives de la République Populaire de Chine, voir l'article Provinces de Chine
Aperçu historique
Les dynasties Shang et particulièrement Zhou, premières entités géopolitiques à l'origine du futur empire chinois fondé par Qin Shi Huangdi, étaient situées dans la région du Fleuve Jaune. Depuis, le territoire s'est étendu dans toutes les directions, avec des périodes de rétrécissement ou de divisions, atteignant son apogée durant les dynasties Tang, Yuan et Qing. La Chine des Qing incluait des territoires situés actuellement en Extrême-Orient russe, en Asie Centrale et en Mongolie.
L'empereur de Chine se considérait en général comme le suzerain des régions environnantes. Beaucoup d'ethnies dites "barbares" étaient soumises au tribut. Les ambassades et cadeaux envoyés par les souverains étrangers étaient parfois également interprétés comme des signes d'allégeance.
L'importance territoriale de la Grande Muraille de Chine a été réduite avec l'accession au pouvoir de la dynastie Qing, qui inclut la Mandchourie, située au nord de la muraille, dans son territoire.
En 1683, avec la reddition du bref Royaume de Tungning établi par Koxinga à Taïwan où l'implantation Han venait de débuter, l'île devint une partie de l'empire Qing, l'archipel des Pescadores inclu. Siège de une, puis deux préfectures provinciales, Taïwan fut cédé au Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895. En 1945, à la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le Japon abandonna ses prétentions sur l'île par le Traité de Paix de San Francisco, et la République de Chine en prit le contrôle, avant de s'y installer en 1949 après la prise du pouvoir par le PCC. Depuis, la souveraineté du territoire est l'objet d'un conflit non résolu entre la RPC et la RC. La montée du mouvement indépendantiste taïwanais, qui ne conteste pas seulement l'autorité de la RPC, mais le principe même du rattachement de Taïwan à la Chine, rend le problème encore plus complexe.
Voir aussi : Taiwan, Tibet
Divisions politiques historiques
Le découpage administratif de la Chine a varié au gré des changements d'administrations. Le premier niveau de division était les provinces, puis les préfectures, sous-préfectures, départements, commanderies, districts et enfin cantons. Les divisions les plus récentes ont ajouté le statut de ville-préfecture, ville-canton, villes et zones urbaines.
Historiquement, la plupart des dynasties chinoises ont pris leur essor dans le coeur de la Chine, a partir d'un des deux fleuves principaux, le Fleuve Jaune et le Yang-Tsé. Plusieurs dynasties ont eu des volontés expansionistes, s'engageant dans des régions telles que la Mongolie Intérieure, la Mandchourie, le Xinjiang, et le Tibet. La dynastie mandchoue des Qing et ses successeurs, la République de Chine et la République Populaire de Chine, ont cimenté les incorporations de ces territoires. Ces territoires étaient délimitées par des "limbes" plutot que des frontieres rigides, bien connues alors dans les pays industrialisés. Ce probleme de délimitation a donné lieu a une série de critiques sur l'intégration de certains territoires en RPC, notamment celle du Tibet et du Xinjiang (qui signifie "nouvelles frontieres en chinois").
Géographie et climat
Tibet
Voir les articles détaillés : Géographie de la Chine et Villes de Chine
La Chine comprend une immense variété de paysages, avec des plateaux et des montagnes a l'ouest, et des plaines a l'est. Ainsi, les fleuves principaux coulent d'ouest en est, dont le Yang-Tsé (Chang Jiang, ou "long fleuve"), le Fleuve Jaune (centre-est), l'Amour (nord-est) ; certains coulent vers le sud (Riviere des Perles, Mékong, Brahmapoutre...). La plupart de ces fleuves se jettent dans la Mer de Chine.
La plupart des terres arables chinoises se situent autour des deux fleuves principaux, le Yang-Tsé et le Fleuve Jaune, qui sont aussi les foyers principaux des anciennes civilisations chinoises.
A l'est, sur le littoral de la Mer Jaune et de la partie orientale de la Mer de Chine, se trouvent de vastes plaines alluviales toujours densément peuplées ; le littoral de la partie méridionale de la Mer de Chine est plus montagneuse.
A l'ouest se trouvent de grandes plaines alluviales, avec de grands plateaux calcaires dans la région tibétaine, ou se dresse le Mont Everest. Au nord-ouest s'étendent les déserts du Takla-Makan et du Gobi, qui ont gagné en superficie, sans doute en raison de la sécheresse et de l'influence de l'agriculture.
Pendant de nombreuses dynasties, la frontiere sud-ouest de la Chine a été délimitée par les hautes montagnes et les profondes vallées du Yunnan, qui séparent la Chine moderne du Myanmar, du Laos et du Vietnam.
La Chine comporte de nombreux climats : au nord, un climat sec avec de séveres hivers ; au centre, un climat plus tempéré ; au sud, un climat sub-tropical.
Les formations paléozoïques de Chine sont pour la plupart marines ; les dépots du mésosoïque et du tertiaire proviennent d'estuaires et d'eaux douces, ou de terres. Des groupent volcaniques composent certaines parties des grandes plaines du nord. Dans les péninsules du Liaodong et du Shandong se trouvent des plateaux basaltiques.
Les conséquences de l'industrialisation et de la déforestation sont considérées être a l'origine des tempetes de sable en provenance du désert de Gobi qui frappent la capitale, et de l'augmentations des violents typhons qui frappent le sud du pays.
Économie
La Chine est actuellement (octobre 2005) l'une, sinon la plus, dynamique économie du monde, avec une croissance de 9% sur l'ensemble de l'année 2004 (cependant, ce chiffre est à prendre avec prudence, car de gros doutes subsistent sur la véracité des documents officiels, qui pourrait selon certains économistes, être minimisés). Toujours pour l'année 2004, le Produit intérieur brut (PIB) était d'environ 1 228 milliards d'euros.
L'atelier du monde
La Chine est surnomée l'atelier du monde, car de nombreuses entreprises sous-traitent la fabrication de produits manufacturés et ainsi réduisent énormément les coûts. Certains de ces sous-traitants exploitent littéralement leurs ouvriers. En août 2005, un film montrant les conditions de travail dans deux usines fabriquant des livres pour Walt Disney a été montré à la presse américaine. On peut y voir des ouvriers faisant des heures supplémentaires sans être payés et certains d'entre eux sont blessés aux mains car les presses d'imprimeries sont mal protégées.
Bien que la population soit baillonée et la critique contre le pouvoir rapidement étouffée, de nombreuses grèves ont pourtant lieu. L'organisation non gouvernementale (ONG) China Labour Watch en a dénombrée 57 000 en 2004, impliquant 3 millions de personnes. Consciente du problème et du risque de déstabilisation du pouvoir, le gouvernement chinois tente de créer des syndicats, sous contrôle du Parti communiste chinois, pour établir un dialogue avec les entreprises et ainsi améliorer les conditions de travail et les salaires. Mais cela n'empêche pas le gouvernement d'emprisonner des grévistes, lorsque ceux-ci franchissent certaines limites...
Démographie
Parti communiste chinois
Voir l'article détaillé : Démographie de la Chine
:La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de chinois (Général de Gaulle)
C'est souvent la proportion colossale de la démographie chinoise qui nourrit le plus les craintes et les fantasmes des occidentaux. Aujourd'hui les entreprises se battent pour obtenir un accès à son marché jugé potentiellement immense, alors qu'hier on craignait le déferlement du Péril jaune. Pays à l'agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes. Sous les Song, des villes comme Guangzhou (Canton) connaissaient une densité de population ainsi qu'une organisation administrative sans égales à l'époque.
Plus d'une centaine d'ethnies ont existé en Chine, l'ethnie Han restant toujours majoritaire quantitativement. Cette ethnie, composée d'une nébuleuse de peuples assimilés, ne résiste toutefois pas au concept d'une ethnie Han homogene, et pourrait etre elle-meme divisée en sous-catégories partageant les memes traits culturels. Beaucoup de Han ont maintenu leurs traditions ,et en particulier leur langue, en continuant de s'identifier a l'ethnie Han. Le terme "Zhonghua minzu" est utilisé comme un notion de sinité transcendant les divisions ethniques au sein de la Chine.
Le gouvernement de la RPC reconnait actuellement 56 minorites ethniques officielles, plus l'ethnie Han. Sa population est la plus grande du monde, dépassant les 1,3 milliards d'individus, soit 20% environ des 6,4 milliards d'individus vivant actuellement d'apres les estimations de l'OMS.
L'absence de contrôle des naissances sous Mao Zedong, encourageant au contraire les Chinois a procreer une armée de "petits soldats", a contribué à l'explosion démographique dont on observe les résultats aujourd'hui. A les fin des années 1970, la politique de l'enfant unique a été la réponse a cette explosion, freinant le développement démographique du pays.
Médecine
Voir l'article détaillé : Médecine chinoise
La médecine traditionnelle chinoise, constitue un des aspects les plus fascinants de la civilisation chinoise. Les approches différentes sur le traitement des pathologies (diagnostic a partir du pouls, de la complexion du visage), comprennent notamment une participation active du patient, qui est appelé a changer son alimentation si besoin est.
Les décoctions de médecine traditionnelle, prescrites a la fin d'une consultation, sont destinées a « rééquilibrer les principes vitaux », contre-balancer les mouvements de chaud et de froid, a l'instar des médecines pré-socratiques en Occident.
Un autre mode d'intervention du médecin chinois est l'acupuncture : suivant les méridiens ou lignes de flux vital parcourant le corps, des aiguilles sont plantées a travers la peau pour rétablir une circulation optimale du souffle vital ou qi. En Chine, elle est souvent combinée avec l'utilisation des médicaments traditionnels.
On peut considérer la médecine chinoise traditionnelle comme essentiellement indirecte dans ses moyens et préventive dans ses fins. Contrairement à l'habitude occidentale qui veut que l'on oublie son corps quand tout va bien et que l'on ne s'en préoccupe qu'en cas de trouble, les Chinois tendent à être constamment attentifs à leur état, à l'affut de signes de déséquilibre qu'ils chercheront à corriger par l'alimentation ou l'usage de remèdes traditionnels ou "alternatifs". Cela explique l'énorme demande en produits naturels ou diététiques, visible particulièrement dans le domaine des produits censés améliorer les performances sexuelles, qui ne constituent en fait que la partie visible de l'iceberg. Des lotions, onguents, potions et remèdes divers sont souvent ramenés comme souvenirs de voyage par les Chinois.
Religion
Voir l'article détaillé : Religions en Chine
La Chine a été un centre unique de rayonnement religieux : la plupart des grandes religions du monde l'ont traversé ou y ont pris naissance : la notion même de religion y a été interrogée à plusieurs reprises, notamment à l'égard du confucianisme ; toutefois, il ne fait aujourd'hui nul doute que l'étymologie du mot (religion comme "lien") y soit plus que vérifiée à travers l'interprétation, la transfiguration ou l'acclimatation que la Chine lui a proposée au cours de plusieurs millénaires.
Le Yi Jing
De nombreux traits religieux spécifiquement chinois ont été canonisés à travers le Yi Jing, ou Classique des Mutations chinois. Issu de la scapulomancie ou interprétation de signes d'origine naturelle, cet ouvrage a engendré des générations de traditions interprétatives. Le règne des éléments complémentaires, yin et yang, y sont déclinés à travers ses chapitres, de nature hermétique. Intrinsèquement lié aux rituels divinatoires, c'est un manuel d'interprétation chamanique, où les vertus métaphysiques des caractères chinois trouvent leur naissance académique.
Le taoïsme
Religions en Chine
Le taoïsme, ou plutôt les écoles et courants taoïstes, sont apparus à partir du IIe siècle, inspirés par les courants du Yin-Yang et des Cinq éléments, ainsi que par les écrits du philosophe Lǎo Zi (ou Lao-tseu) (老子), dont le fameux Livre de la Voie et de la Vertu, (en chinois 道德經 Dàodé Jīng), est, avec le Livre des Mutations (易經 Yì Jīng), aux sources de l'ésotérisme chinois. Ils se sont constamment enrichis de nouvelles influences et ont fourni à l'ensemble de la religion chinoise beaucoup de ses concepts et pratiques ainsi qu'un certain nombre de divinités. Les maîtres taoïstes prennent en charge beaucoup de rites spécialisés. Il y aurait aujourd'hui plus de 1 500 temples taoïstes en Chine.
"Taoïsme" désigne souvent un ensemble syncrétique de pratiques religieuses et rituelles, plus répandu aujourd'hui en Chine méridionale, où la géomancie, les formules incantatoires écrites, le culte du terroir se croisent. Proche d'un type de compréhension magique du monde, cette religion est très active aujourd'hui à Hong-Kong et Canton, et parmi les communautés cantonaises d'outre-mer.
Néanmoins, l'usage du terme "taoïste" par un Chinois n'a pas le même sens selon qu'il s'adresse à un étranger ou à un compatriote. Vis à vis des non-chinois, le terme désigne n'importe quel pratiquant d'une forme de la religion populaire très imprégnée de taoïsme, alors que seul un maître taoïste ou une personne recevant l'enseignement ésotérique d'un maître s'identifieront comme taoïstes face à un Chinois. La notion de simple fidèle taoïste n'existe donc pas selon la conception traditionnelle, mais en Chine populaire, où la religion chinoise se redéveloppe par décision d'État exclusivement dans le cadre d'écoles taoïstes, tous ses pratiquants sont appelés taoïstes.
Le confucianisme
Fondé sur l'enseignement de la vie de Confucius, notamment à travers ses Entretiens et les ouvrages de ses disciples tels que Mencius, le confucianisme a été érigé en doctrine d'État, trouvant son paroxysme sous la dynastie Song. Naturellement voué aux interprétations des dynasties régnantes, la doctrine originelle de Confucius n'est toutefois pas nécessairement synonyme de soumission aux institutions, comme certains contemporains l'observent. Historiquement, le confucianisme a toutefois contribué à imposer l'idéologie des "cinq relations" entre sujets, destinée à affermir l'ordre social et le lien cosmique entre position hiérarchique et vertu céleste.
Le bouddhisme
Apparu dès le premier siècle après Jésus-Christ, le bouddhisme a profondément marqué les croyances religieuses en Chine, engendrant parfois de violentes vagues de répression anti-bouddhiques. La Chine a constitué un des centres majeurs de civilisation bouddhique au monde, par son œuvre de traduction et d'expansion de la religion à travers de nombreuses régions d'Asie. Le Japon et la Corée en particulier ont largement bénéficié de la richesse de transmission des traditions bouddhiques en Chine.
Le bouddhisme chinois appartient en majorité au courant mahâyâna. L'une de ses formes, le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), répandu surtout au Tibet et en Mongolie intérieure, recrute de plus en plus d'adeptes parmi les Hans depuis quelques décennies. Le bouddhisme du Petit Véhicule est également présent, mais nettement minoritaire. On estime qu'il y a environ 13 000 temples bouddhistes en Chine.
L'Islam
À partir VIIe siècle, l'Islam a constitué un autre vecteur d'échanges culturel particulièrement riche en Chine, notamment au travers de la route de la soie, où des cultures pluri-culturelles ont émergé par exemple dans la région du Tarim, encore vivantes aujourd'hui. Le Yunnan a également été un de ces points d'échanges sino-islamiques : le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan. Les membres de l'ethnie Hui, en tout point semblables culturellement aux Han actuels en-dehors de leur religion, sont issus de Hans convertis ayant absorbé des musulmans non-chinois.
L'Islam a connu sa plus forte expansion sous la dynastie des Yuan (元) (1271-1368). On compte aujourd'hui près de 30 000 mosquées dans le pays.
Le christianisme
Les premières traces de la culture chrétienne en Chine remontent à des stèles nestoriennes du VIIème siècle. Puis vinrent au XIII siècle des Franciscains, dont l'activité missionaire fut interrompue un siècle plus tard sur ordre de l'empereur. C'est à partir des missionaires jésuites, tout d'abord portugais, que des contacts réguliers ont été entrenus entre les mondes chinois et occidental, la Chine restant relativement imperméable aux vélléités expansionsites chrétiennes. En 1601 Matteo Ricci et ses compagnons furent admis à Pékin, mais les missions furent closes en 1773 sur ordre papal. Le protestantisme a été introduit à partir des guerres de l'opium à travers des missionaires britanniques. Il y a à présent plus de 4 600 églises et sites de réunion catholiques et 12 000 temples et plus de 25 000 lieux de culte protestants. L'Église orthodoxe est présente pour répondre aux besoins des Chinois d'origine russe, installés dans les confins Nord et Ouest du pays, mais reste très marginale.
Autres religions
La religion traditionnelle chinoise, ensemble des croyances et pratiques religieuses de la majorité des Chinois avant 1949 ; les différentes écoles taoïstes, qui constituent son pôle spéculatif et spécialisé, en sont nées et l'ont enrichie de nombreux concepts, rites et divinités. Le taoïsme et le bouddhisme populaires sont des formes de cet ensemble syncrétiste qui ne bénéficie d'aucune reconnaissance officielle car il n'est globalement représenté par aucun organisme ou association. Populaire et sans canon propre, le gouvernement de la RPC n'a pas jugé bon de la "ressuciter" comme il l'a fait pour les religions disposant d'un corpus de textes pouvant faire l'objet d'un enseignement universitaire, lors de la relative libéralisation religieuse des années 70. Quelques pratiques ont néanmoins revu le jour, avec la reprise par exemple des pélerinages au temple de Mazu dans la province du Fujian, qui attirent des pèlerins venus de Taïwan, où la religion traditionnelle est encore très vivante.
Malgré la méfiance du PCC vis à vis des organisations ou mouvements civils de grande envergure, une nouvelle religion syncrétiste, Falun gong, a émergé en 1992. D'après le ministère de la Sécurité publique (1998),elle compterait 80 millions de sympathisants.
Le chamanisme est pratiqué principalement par les minorités chinoises ; le Dongba est une sorte de paganisme lamaïsé, survivance d'une ancienne religion pratiquée par les Naxi, une des nombreuses minorités ethniques de Chine, d'origine tibétaine, vivant dans le Yunnan.
Comme les chrétiens, les juifs ont dû parvenir en Chine pour la première fois au en suivant la route de la soie. Quatre communautés juives existent en Chine, à Harbin, Shanghai, Canton et Kaifeng ; cette dernière, découverte par Matteo Ricci au , remonterait à la dynastie Song.
Culture
Voir l'article détaillé : Culture chinoise
En tant qu'entité linguistique et culturelle relativement homogène et continue, dont la longévité surprend (et bouleverse les théories du déclin nécessaire des civilisations), la Chine a développé une culture originale et immense, qui a exploré presque tous les modes d'expressions connus : littérature, calligraphie, peinture, musique, etc.
Elle a de plus inventé un art qui n'a pas d'équivalent dans les autres cultures : la calligraphie, art considéré comme le plus noble et le plus raffiné. Son économie de moyens (un pinceau, de l'encre noire, une feuille de papier absorbant) et son cadre très contraignant (l'ordre et la disposition des traits sont déterminés) en font, paradoxalement, un art dans lequel l'expressivité est à son comble : le pinceau y tient lieu de « sismographe de l'âme ».
Article proche du thème de la culture chinoise : Art contemporain chinois ; Musique chinoise moderne ; Cuisine chinoise
Littérature
Voir l'article détaillé : Littérature chinoise
Une infime partie de la production écrite de la civilisation chinoise est accessible en langues occidentales et bien peu d'œuvres sont connues du grand public. Etant donné le contexte particulier de ce pays, sa littérature au sens large a connu des évolutions différentes de celle des autres régions du monde. L'épopée, par exemple, y est singulièrement absente. En revanche, les anecdotes, contes, faits divers, courtes biographies, ainsi que les essais, les commentaires des classiques, les traités, les compilations sont des genres foisonnants.
Parmi les livres et les auteurs chinois qui ont été traduits et lus en Occident, on peut noter : Pérégrinations vers l'Ouest, Au bord de l'eau, Le Rêve au Pavillon rouge, la poésie de Du Fu et de Li Bai, ainsi que l'auteur moderne majeur qu'est Lu Xun.
Des articles proches du thème de la littérature chinoise :
Article détaillé : Culture chinoise ~ Arts de la Chine ~ Chinois célèbres ~ Mandarin ~ Caractères chinois (sinogrammes) ~ Théâtre chinois
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Jours fériés et fêtes traditionnelles
|+ Jours fériés et fêtes
! Date !! Nom français !! Nom local !! Remarques
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| || Nouvel an || 元旦 yuán dàn
|Férié
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| 1 jour du 1 mois lunaire
| Fête de Printemps (Nouvel An chinois)
| 春节 Chūnjié|| Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 1 mois lunaire || Fête des lanternes
| 元宵节 Yuánxiāojié || Basée sur le calendrier chinois
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| Début avril || Qīngmíng, Lumière Pure
| 清明节 Qīngmīngjié || voir calendrier chinois.
Environ 15 jours après l'Équinoxe de printemps
Jour de visite des cimetières
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| 5 jour du 5 mois lunaire
| Fête des bateaux dragons (Fête du dragon)
| 端午节 Duānwǔjié || Basée sur le calendrier chinois
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| 7 jour du 7 mois lunaire
| Fête chinoise des amoureux
| 七巧节 Qiqiaojie ||Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 7 mois lunaire || Fête des fantômes affamés
| 中元节 Zhōngyuánjié || Basée sur le calendrier chinois
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| 15 jour du 8 mois lunaire
| Fête de la mi-automne (Fête de la lune)
| 中秋节 Zhōngqiūujié || Basée sur le calendrier chinois
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| 9 jour du 9 mois lunaire || Fête du double neuf
| 重阳节 Chóngyángjié || Basée sur le calendrier chinois
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Culture chinoise
Le terme culture chinoise désigne un ensemble immense et complexe de réalisations dans les domaines les plus divers, dont les plus anciennes remontent à 5000 ans, qui ont vu le jour sur le territoire de la Chine, la plus vieille entité géo-politique du monde moderne. On peut en effet considérer l'actuelle République populaire de Chine (à laquelle certains proposeront de rattacher Taïwan, au moins sur le plan culturel), comme l'héritière directe, à travers les changements de dynasties et de régime politique, de l'empire Qin fondé en 221 av J.C. par Qin Shi Huang. Cette continuité, qui a permis la diffusion efficace de pratiques, objets et concepts, confère à certains éléments de la culture chinoise un aspect généralisé qui transcende les différences régionales et historiques. On peut citer comme exemples le confucianisme, avec le régime mandarinal et la conception des rapports sociaux et familiaux qu'il a marqués de son empreinte, et le taoïsme, à l'origine de concepts philosophiques ou métaphysiques et de pratiques religieuses généralement adoptées dans le monde chinois. Le prestige de l'empire chinois a contribué à diffuser cette culture commune en Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est ; il a également attiré de nombreux étrangers qui ont enrichi la civilisation chinoise. D'autres réalisations culturelles sont au contraires spécifiques à une région ou à une époque. A cet égard, la façon dont les divers domaines de la culture chinoise ont abordé l'influence occidentale et la modernité à partir du et continuent de réagir à la mondialisation est une question de grand intérêt.
Activités physiques
Sport en Chine - Art martial
Architecture
Art martial
L’architecture chinoise, dont certains exemples datent de plus de 2000 ans, est un aspect capital de la culture chinoise. Il y a des caractéristiques communes à l’architecture chinoise, indépendamment de la région ou de la destination spécifique.
Le plus important est l’emphase donnée à la dimension horizontale. En opposition à l’architecture occidentale qui tend à privilégier la hauteur et la profondeur, l’architecture chinoise souligne la largeur des bâtiments. Les galeries et les palais dans la Cité Interdite, par exemple, ont des plafonds plutôt bas comparé aux résidences princières occidentales, mais leur apparence extérieure suggère la nature vaste de la Chine impériale. Ceci naturellement ne s’applique pas aux pagodes, qui de toutes façons sont relativement rares.
Une autre caractéristique importante est l’accent mis sur la symétrie, qui dénote un sentiment de grandeur qui s’applique à tout, des palais aux fermes. Les jardins en forment une exception notable, car ils sont aussi asymétriques que possible. Comme pour les peinture chinoises sur parchemin, le principe sous-tendant la composition du jardin est de créer un flux permanent, pour laisser l’observateur déambuler et aimer le jardin sans contrainte, comme dans la nature elle-même.
Architecture chinoise - Cité Interdite - Grande Muraille de Chine - Temple du ciel - Tour de la Banque de Chine
Artisanat et industrie
Tour de la Banque de Chine
Voir aussi : Céladon - Céramique chinoise
Arts plastiques
Art contemporain chinois - Peinture chinoise - Création chinoise contemporaine
Art théâtral
Création chinoise contemporaine
Opéra de Pékin - Théâtre chinois
Cinéma
Cinéma chinois
Cuisine et gastronomie
Cinéma chinois
Cuisine chinoise -
Thé chinois
Ethnies
Nationalités de Chine
Jeux et loisirs
Jeux chinois
Langue
Jeux chinois
Langue chinoise - Caractères chinois - Calligraphie - Proverbes chinois
Littérature
Littérature chinoise - Classiques chinois - Liste d'auteurs chinois - Liste d'œuvres littéraires chinoises - Manhua
Musique
Manhua
Manhua
Musique chinoise - Musique chinoise moderne
Religion et philosophie
Musique chinoise moderne
Philosophie chinoise - Religions en Chine - Taoïsme - Confucianisme - Néo-confucianisme - Bouddhisme - Religion traditionnelle chinoise - Nouvelles religions chinoisesDongba
Science et technologie
Les chinois dissent souvent qu’ils sont fiers de quatre grandes inventions. Ce sont la boussole, la poudre à canon, le papier et l’imprimerie.
Imprimerie - Boussole - Boulier - Médecine traditionnelle chinoise
Société
Liste de Chinois célèbres
Catégorie:Culture chinoise
Bouddhisme
दिसो दिसं यं तं कयिरा वेरीवा पन वेरिनम् ।
मिच्छापनिहितं चित्तं पापियो नं ततो करे ॥
Diso disaṃ yaṃ taṃ kayirā verī vā pana verinam,
Micchāpanihitaṃ cittaṃ pāpiyo naṃ taṃ kare.
Quel que soit le mal qu'un ennemi fasse à un ennemi ou un haineux à un haineux,
Un cœur mal dirigé fait un mal encore plus grand.
(Dhammapada, « Cittavaggo tatiyo » [Versets sur le cœur], verset 42)
Le bouddhisme est l’un des grands systèmes de pensée et d'action orientaux, né en Inde au avant l'ère chrétienne. Il est fondé sur un triple socle appelé les Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha (le fondateur du bouddhisme), dans le Dharma (la doctrine du Bouddha) et dans le Saṅgha (la communauté des fidèles pour certains, l'Ordre monastique pour d'autres).
La difficulté de définir le bouddhisme à l’aide de catégories classiques, fait qu’il est souvent considéré comme une philosophie ou une religion.
Le Bouddha
Voir l'article de fond : Bouddha.
À l'origine, le bouddhisme n'est pas une philosophie, mais une « leçon de choses » (Dhamma), l'enseignement de la réalité, un exposé des faits, de la souffrance, de son origine et de sa cessation pour finalement atteindre le Nirvana. Il devient par la suite une philosophie et dans certaines écoles une religion, considérée aujourd'hui comme une « science de l'esprit », inspirée par les enseignements de celui que l'on nomme le « Bouddha historique », un chef spirituel qui vécut au avant l'ère chrétienne (les années de sa naissance et de sa mort, ou parinirvāṇa, ne sont pas claires ; il aurait vécu à peu près quatre-vingts ans, mais les traditions ne s'accordent pas (c'est la tradition la plus ancienne, de langue pāḷi, qui a semblé longtemps la plus probable (naissance -624, mort -544) mais la communauté scientifique actuelle, depuis 50 ans, opte plutôt pour une durée de vie raccourcie et « rajeunie » : naissance vers -460, mort vers -400). De son vrai nom Gautama, de la famille Śākya (Siddhârtha est un prénom inventé au début de l'ère chrétienne, surnom « Shakyamuni », le sage des Śākya ; en pāḷi : Siddhattha Gotama), il serait né à Kapilavastu (Uttar Pradesh), de la reine Māyā et du roi Śuddhodana, dans une famille de kṣatriya (caste des nobles-guerriers).
La vie du Bouddha est riche en légendes décrivant des miracles, des apparitions divines. Il n'est cependant pas possible de nier qu'un guide spirituel nommé Siddhārtha Gautama ait existé. Le monde hindouiste, à cette époque, était agité par d'importantes dissensions philosophiques et spéculatives ; c'est d'ailleurs à ce moment que le jainisme a fait son apparition. Pour être signifiant au sein de son milieu socio-culturel, le bouddhisme s'est d'ailleurs imprégné d'hindouisme, duquel il a adopté nombre de concepts (en les modifiant sensiblement parfois), comme le cycle des réincarnations, saṃsāra, qu'il réinterprètera en « cycle des renaissances » — puisqu'il affirmera l'inexistence de toute âme pouvant se « réincarner » — ou encore la loi de l'acte — le karma — et de la rétribution des mérites et fautes accomplies au cours du cycle. Le Bouddha souligne bien qu'il n'est ni un dieu, ni le messager d'un dieu, et que son système de pensée n'a pas d'origine divine, mais qu'il est plutôt axé sur la compréhension de la nature de l'esprit humain, lequel pourrait être redécouvert par toute personne par ses propres moyens et par l'expérience; le bouddhisme des origines niait même la création du monde par les dieux, la rédemption ou la révélation. Aujourd'hui, certains courants du bouddhisme considèrent ces concepts comme samsariques, puisque duels, et donc non-contradictoires avec la réalité ultime (non duelle).
Le Dharma, ou les préceptes fondamentaux de l'enseignement du Bouddha
Les trois racines du mal, ou « trois poisons »
Les trois poisons de l'esprit peuvent être dénommés ainsi :
- Avidité,
- Colère,
- Ignorance ou Indifférence (selon la traduction).
Les voiles de l'esprit comportent par exemple :
- Ignorance, illusion (avidyâ) au sujet des trois caractéristiques de l'existence ;
- Désir, avidité, convoitise, attachement (trishnâ) ;
- Haine, aversion.
Le Bouddha estimait que les causes de la souffrance humaine proviennent de l'incapacité à percevoir correctement la réalité. Cette ignorance (qui, aussi curieux que cela puisse paraître, est une émotion, un facteur mental perturbateur) et les illusions qu'elle provoque conduisent à l'avidité des hommes, à leur désir de posséder davantage que les autres, à l'attachement et à la haine éprouvés pour des personnes ou pour des choses.
Sa philosophie est telle que : la souffrance nait du désir ou de l'envie. En les supprimant tout deux il a reussi à atteindre le nirvana : l'envie engendre le désir. Le désir, si non perçu, engendre la tristesse, la frustration et la colère.
Les trois caractéristiques de l'existence
- Le non-soi (anatta), ou interdépendance ou encore impersonnalité : de l'atome à l'univers - en passant par les êtres humains et leurs états d'esprit - il n'y a rien qui ait une existence indépendante et réelle par lui même.
- L'impermanence (anitya) : tout est constamment changeant, tout est flux, rien n'est figé une fois pour toutes.
- La souffrance (dukkha), ou insatisfaction : ce n'est pas que la souffrance physique ; du fait de l'impermanence des choses, rien ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive.
Ces trois caractéristiques de l'existence conditionnée sont universelles, et connues une fois développée la vision directe de la réalité (vipassana). Pour ce faire, il faut suivre un entraînement au développement de notre vigilance (satipatthana).
L'être humain n'est donc pas une chose en soi, une entité indestructible contenant une étincelle divine (malgré l'illusion qu'ils en ont), mais la composition impermanente des cinq agrégats que sont la forme (ou corporéité), les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Ces agrégats (skandhas) sont impermanents car soumis eux aussi à la « coproduction conditionnée » (pratîtya-samutpâda), selon laquelle tout a un ensemble de causes et un ensemble de conséquences. Pour les bouddhistes, le moi n'est donc que vacuité (shûnyatâ).
À noter que Nibbana (en sanskrit nirvāna) échappe aux caractéristiques de souffrance et d'impermanence. A contrario, il n'est pas un « en soi » (atmân).
Dans le theravada, la vacuité est proche du concept d'anatta : le monde est vide de soi. Il existe une attention portée à la vacuité ainsi qu'une méditation vipassana, contemplation de cette vacuité. Le concept est cependant essent |